Des réfugiés Syriens demandent l'aide d'Ottawa pour rapatrier leur fille

Une famille de réfugiés syriens de Saint-Hyacinthe demande l'aide d'Ottawa pour rapatrier leur fille aînée. Les Mohammad, parents de neuf enfants, craignent pour la sécurité de leur aînée, Nour, qui est recluse chez elle en Lybie.

La famille a fui la guerre en Syrie en 2012. Les Mohammad ont été accueillis par le Canada et se sont installés à Saint-Hyacinthe en 2016. Nour Mohammad n'a pas obtenu le statut de réfugiée comme le reste de sa fratrie puisqu'elle était mariée.

Le couple s'est déplacé de la Syrie, au Moyen-Orient, vers la Lybie, en Afrique du Nord, pour le travail du mari. Or, le 28 février dernier, la jeune femme de 22 ans s'est retrouvée veuve après que son mari, soudeur soit décédé suite à une décharge électrique. La vie de la jeune femme serait quotidiennement menacée depuis la mort de son mari.

Nour vit recluse dans sa maison par crainte de la violence qui fait rage en Lybie. Elle est sur la liste des réfugiés de l'ONU, mais l'organisation n'a plus de bureau en Lybie en raison de la situation actuelle. La jeune femme devrait donc se rendre en Tunisie pour plaider sa cause. «Ça n'a pas de bon sens qu'une femme seule se déplace de la Lybie à la Tunisie», indique la députée de Saint-Hyacinthe-Bagot, Brigitte Sansoucy, qui travaille avec la famille Mohammad depuis la fin février pour rapatrier la jeune femme.

«Elle ne sort pas de sa maison. On a des rapports de médecin qui nous disent qu'elle est en dépression, qu'elle est en détresse psychologique. Elle ne sort pas parce que mettre le nez dehors pour elle c'est le risque d'être victime de viol, de violence, même d'être tuée.» - Brigitte Sansoucy, députée de Saint-Hyacinthe-Bagot.

La néodémocrate demande au gouvernement libéral de faire preuve de compassion. Elle indique que le ministère de l'Immigration pourrait faire en sorte que Nour Mohammad soit citoyenne canadienne, comme les autres membres de sa famille, ou encore que son dossier soit priorisé comme réfugiée de l'ONU. Cette mesure pourrait accélérer son arrivée au pays.

En attendant, la famille Mohammad vit dans la crainte et l'angoisse, se demandant touts les jours quand ils pourront revoir Nour. Alors que la famille était à Ottawa hier pour faire entendre leur cri du coeur, une des enfants du couple a indiqué avoir de la difficulté à se concentrer à l'école parce qu'elle pense continuellement à sa soeur en danger. «Les enfants, chaque fois qu'ils reviennent de l'école, voient leur maman qui pleure. Les frères et soeurs de Nour et ses parents me demandent depuis le mois dans combien de jours notre soeur arrive», souligne madame Sansoucy.