ABI: Le syndicat et l'employeur sont éloignés plus que jamais

Les commentaires tenus par François Legault sur le conflit de travail de l'ABI aura finalement nuit à la résolution du conflit, selon le syndicat des Métallos. À la sortie d'une rencontre avec Alcoa, le syndicat s'est dit plus qu'incertain quant à la suite des procédures, alors que l'employeur a rejeté la contre-offre syndicale.

Lors de cette réunion d'un peu plus d'une heure, l'employeur a même évoqué la possibilité de fermer les cuves d'aluminium toujours ouvertes. Cette fermeture aurait comme impact de retarder une éventuelle réouverture de quelques semaines, mais non pas de fermer complètement l'usine.

Aucune contre-proposition n'a été émise par l'employeur, qui n'a pas non plus ouvert la porte à une reprise des négociations. Le syndicat des travailleurs souhaite toujours que le conflit se règle à la table des négociations.

Les propos de François Legault mardi ont enragé le syndicat, lorsqu'il a dit que ce dernier n'était pas raisonnable et que les membres risquaient de perdre leurs emplois. Le syndicat est convaincu que le travail du premier ministre n'est pas de prendre position, mais de rallier les troupes.

« Il y a 200 familles d'ici qui ont marché jusqu'à Québec pour demander l'aide du premier ministre et sa réponse a été de prendre pour une multinationale étrangère, donc ça vient encore plus désiquilibrer le rapport de force », croit Dominic Lemieux, adjoint au directeur Québécois des Métallos.

Les métallos iront rencontrer les actionnaires

Une rencontre des actionnaires d'Alcoa se tiendra à Plattsburgh aux États-Unis le 7 mai prochain. Le syndicat et plusieurs de ses membres ont l'intention de s'y rendre pour se faire entendre.

« On veut faire comprendre aux actionnaires qu'il n'est pas logique ce conflit-là. L'entreprise perd de l'argent, pas autant que nous, mais elle en perd. On veut faire entendre raison aux actionnaires et de leur dire que ce conflit est idéologique et qu'il n'a pas de raison d'être », martelle Dominic Lemieux.

Le contrat d'énergie retient encore l'attention

Clément Masse est clair sur ce sujet, si le gouvernement abandonnait le contrat d'énergie qui le lie à Alcoa permettant à l'entreprise américaine de ne pas payer complètement son bloc réservé, l'employeur serait assis à la table présentement.

« L'élément qui permet à l'employeur de maintenir sa position, c'est le contrat d'énergie. S'il avait versé 165 millions de dollars à Hydro-Québec en 2018, il serait assis à la table et chercherait un règlement avec nous. »