L’enquête de la SPCA au Zoo de Saint-Édouard révélée

L'enquête de la SPCA a été rendue publique au palais de justice de Trois-Rivières lundi et les détails sont pour le moins troublants. On y apprend notamment que des animaux seraient morts sans avoir reçu les soins recommandés par un vétérinaire, qu'un enfant a été mordu par un lionceau, un autre griffé par un macaque et qu'un zèbre a aussi mordu trois autres visiteurs.

Une lionne tuée par balle

En 2016, Normand Trahan accueille une nouvelle pensionnaire, un lionceau femelle. À ce moment, une fracture du bassin est décelée, ce qui l'empêche de marcher convenablement. Dans les mois qui suivent, le propriétaire du zoo refuse de lui faire passer une radiographie, mais affirme lui avoir fourni les suppléments de calcium recommandés. Il avoue finalement à la SPCA avoir tué la lionne d'une balle dans la tête parce que les traitements n'auraient pas fonctionné, selon lui.

Des lémurs gelés

Deux lémurs ont aussi présentés des engelures aux mains et aux pieds tellement importantes qu'ils en ont perdu des doigts, selon l'enquête. Devant ce fait, le vétérinaire suggère fortement à M. Trahan de faire évaluer et amputer les extrémités des deux primates. Le propriétaire refuse d'accorder ces soins  parce « que les animaux pourraient encore se reproduire malgré les engelures », dit-il à M. Henley.

Une euthanasie est ensuite proposée par le vétérinaire pour éviter que les animaux souffrent davantage. Une fois de plus, Normand Trahan refuse. Il n'en faut pas plus à Sébastien Henley pour démissionner et cesser de travailler avec le zoo de Saint-Édouard, toujours selon le rapport.

D'autres animaux tués par Normand Trahan ?

C'est lors d'une visite au zoo que la SPCA de Montréal trouve les cadavres de deux tigres, d'un grand-duc et d'un faisan doré dans une chambre froide. Une nécropsie révèle que la tigresse serait morte d'une euthanasie qui ne peut être effectuée que par un vétérinaire, mais qu'aucune intervention du genre n'a été menée par un professionnel.

Quant au tigre mâle, Normand Trahan aurait avoué l'avoir tué avec une carabine calibre 22, « car il était handicapé ». Par contre, l'animal ne serait pas mort sur le coup. La Dre Wenzlow, qui a procédé à la nécropsie, souligne qu'il est décédé après avoir agonisé de longues minutes.

Pour ce qui est du faisant doré, M. Trahan aurait une fois de plus avoué à la SPCA avoir tué la bête, cette fois en lui mettant un genou sur l'abdomen pour l'étouffer. Du côté du grand-duc, il serait mort des suites d'une maladie.

Les quatre animaux trouvés dans la chambre froide étaient destinés à être empaillé, selon ce que le propriétaire du Zoo aurait raconté.

Des trouvailles surprenantes

Lors d'une perquisition, les employés de la SPCA y ont trouvé « plusieurs têtes de différentes espèces animales dont le corps est absent, notamment la tête d’un éland du Cap, celle d’un yak et celle d’un gnou, plusieurs sacs de plastique contenant de la viande congelée ainsi que des porcelets entiers, une boîte en carton avec des crânes de mouton et une boîte contenant des plumes de paon. »

M. Trahan aurait par ailleurs admis que certaines de ses installations étaient déficientes et que certains animaux souffraient de problèmes de santé. 

La Couronne a fait valoir ses arguments afin d'empêcher la présentation des requêtes du propriétaire Normand Trahan qui demande entre autres la restitution des biens. Une décision devrait être rendue mercredi, le 12 juin.

Il est toujours accusé de cruauté et négligence envers les animaux.

Une soixantaine d'animaux ont été déménagés depuis la saisie du 21 mai et une dizaine d'autres ont ou pourraient subir le même sort.