Le cri du coeur d'Émilie Houle entendu par la ministre de la Santé

Le message lancé par Émilie Houle, qui s'est enlevée la vie le 29 mars dernier en Mauricie, a rapidement fait le tour des réseaux sociaux. Diffusée par la famille de la jeune femme de 23 ans, sa lettre écrite avant son suicide a été partagée plus de 75 000 fois en 24 heures, en plus d'accumuler plus de 11 000 commentaires de soutien.

Dans son texte, la jeune infirmière décrit ses démarches infructueuses pour obtenir de l'aide. Elle dit espérer que des changements soient mis en place pour que les personnes en détresse soient prises en charge le plus tôt possible.

« Cette fois-ci, j’ai vraiment voulu m’aider, j’ai cherchée des ressources, j’ai appelé à plusieurs endroits, je suis allée à l’hôpital…Bien franchement, rien de tout ça m’a aidée. J’en ai juste été encore plus découragée parce que j’ai eu l’impression qu’on ne pouvait pas m’aider. » - Extrait de la lettre d'Émilie Houle

Sur le réseau social Instagram, le mot-clic #Peurdevivre a été créé en l'honneur d'Émilie Houle.

« On souhaite que les gens reprennent ce hashtag pour faire une grosse sensibilisation à ce niveau-là. Dans sa lettre, ce qui nous avait le plus marqué, c'est quand elle dit que certaines personnes ont peur de mourir, mais qu'elle avait peur de vivre. Elle avait 23 ans et avait peur de vivre, ce n'est pas normal », explique Frédérik Boisclair, une bonne amie d'Émilie Houle.

La ministre de la Santé promet de changer les choses

Le message d'Émilie Houle s'est rendue jusqu'à la ministre de la Santé et des Services sociaux, Danielle McCann, qui tient à offrir ses sympathies aux parents et aux proches et dit « qu'elle est très touchée par ce qu'elle a lu », selon son attaché de presse.

Un forum de discussion « Jeunes et santé mentale » est d'ailleurs organisé par le gouvernement le 13 mai prochain pour trouver des pistes de solution rapidement au problème. Des patients, des parents, des proches aidants, des intervenants du milieu, des élus et des psychiatres seront entendus.

Bien que le plan d'action en santé mentale 2020-2025 de la ministre McCann doit être rédigé au cours de la prochaine année, elle souhaite surtout cibler les besoins urgents et intervenir immédiatement, pour éviter que d'autres jeunes comme Émilie Houle en viennent à la même conclusion.

Des proches de la jeune femme seront présents. C'est le cas de sa bonne amie Frédérik Boisclair, qui souhaite contribuer à trouver des solutions. 

« On le sait qu'on ne peut pas hospitaliser tout le monde, que ça coûte cher, mais c'est quoi les autres options ? Si tu ne peux pas hospitaliser la personne, il faut au moins que tu t'assures qu'elle ait accès à des ressources. »

Le gouvernement de la CAQ va également annoncer prochainement qu'il poursuit le projet des « aires ouvertes », ces centres de services adaptés à la clientèle 12-25 ans, implanté par le gouvernement libéral. Le déploiement de 4 nouveaux centres devrait se faire au cours des prochains mois en Gaspésie, en Estrie, au Saguenay et en Montérégie. À ce jour, des « aires ouvertes » existent déjà à Sept-Îles, à Montréal nord et à Laval.

Réaction de la Fédération interprofessionnelle de la Santé du Québec

« Le texte qu’elle a laissé ne nous permet pas de faire un lien direct avec les conditions de travail avec lesquelles elle avait à composer tous les jours, toutefois, il est certainement possible que ça puisse l’avoir affaibli davantage. [...] La situation d’Émilie Houle est triste au plus haut point et nous tenons à offrir nos condoléances à sa famille et amis. Le FIQ SPSMCQ fait beaucoup de sensibilisation auprès de ses membres afin qu’elles puissent être mieux outillées. » - Jacynthe Bruneau, vice-présidente, FIQ SPSMCQ

Voici l'intégralité de sa lettre.

Vous ou vos proches avez besoin d’aide? Vous pouvez joindre l’Association québécoise de prévention du suicide : 1 866 APPELLE (1 866 277-3553).