Maternelle 4 ans: les CPE ne lâcheront pas le morceau

Les intervenantes des centres de la petite enfance sont catégoriques : le débat n'a pas lieu d'être. Selon elles, les éducatrices sont les spécialistes des enfants 0-5 ans.

Des représentants du CPE Le Coffre à jouets de Trois-Rivières ont convié les médias mardi matin pour leur faire part de leurs inquiétudes face à l'implantation mur à mur des maternelles 4 ans.

« Notre travail, c'est ça. C'est de développer l'enfant globalement et de lever le drapeau lorsqu'il y a des problématiques et des besoins particuliers. Alors pourquoi le faire dans les maternelles 4 ans quand nos services existent déjà », questionne Dominique Jutras, présidente du syndicat régional des travailleurs et travailleuses en CPE du Coeur-du-Québec.

Dominique Jutras ne croit pas que les ressources soient plus présentes dans le réseau scolaire, comme l'indique le gouvernement.

« Pourquoi dire que les enseignants et l'équipe de spécialistes vont pouvoir mieux détecter quand même eux autres sont à cours de tous ces spécialistes là. »

Les intervenants croient fermement que la solution réside plutôt dans l'ajout de ressources dans les Centre de la petite enfance, plutôt que de transférer les enfants dans les écoles.

Bell Média / Dominique Jutras, présidente du syndicat des travailleuses en CPE Coeur-du-Québec CSN - Marie-Line Séguin, v.-p. régionale Coeur-du-Québec de la FSSS-CSN - Valérie Lupien, prés. C.A. du CPE Le Coffre à jouets

Vers une diminution des listes d'attentes?

Il n'est pas faux de croire que la mesure du gouvernement amènerait une diminution des listes d'attentes pour inscrire un jeune dans un CPE. Toutefois, Mme Jutras indique que ces listes sont déjà à la baisse.

« Avec les crédits que l'ancien gouvernement est venu établir avec les frais de garde, ça a amené certains parents à aller vers les services qui sont privés, et non les CPE. »

Dans ce projet du ministre de l'éducation Jean-François Roberge, les éducatrices y voient un désaveux du gouvernement envers leurs compétences.

« On a l'impression que le gouvernement vient de nous bafouer tout simplement. On vient dire que ces enfants-là seront mieux avec des enseignantes... mais non. Ce sont nous les spécialistes des 0-5 ans. On ne démordera pas de cette affirmation-là », souligne Dominique Jutras.