Affaire SNC-Lavalin: Justin Trudeau a enfreint la loi sur les conflits d'intérêts

Justin Trudeau

Le commissaire à l'éthique du Canada, Mario Dion, blâme Justin Trudeau dans l'affaire SNC-Lavalin.

Dans son rapport, il conclut que le premier ministre a enfreint la Loi sur les conflits d'intérêts en se servant de son autorité pour tenter d'influencer l'ex-ministre de la Justice Jody Wilson-Raybould.

En septembre 2018, l'ex-procureure-générale avait choisi de ne pas intervenir pour que la firme d'ingénierie puisse négocier une entente de réparation. Justin Trudeau et son entourage se sont manifestés à plusieurs reprises pour tenter d'éviter un procès criminel à la firme d'ingénierie. 

« Le premier ministre, directement et par l'entremise de ses hauts fonctionnaires, a employé divers moyens pour exercer une influence sur Mme Wilson-Raybould. La position d'autorité dont bénéficient le premier ministre et son Cabinet ont servi à contourner, à miner et finalement à tenter de discréditer la décision de la directrice des poursuites pénales ainsi que l'autorité de Mme Wilson-Raybould en tant que première conseillère juridique de la Couronne. » – Mario Dion, commissaire aux conflits d'intérêts et à l'éthique

L'affaire SNC-Lavalin a notamment provoqué les démissions des anciennes ministres Jody Wilson-Raybould et Jane Philpott, ainsi que du bras droit de Justin Trudeau, Gerald Butts.

La Loi sur les conflits d’intérêts ne prévoit pas de sanctions à la suite d'une enquête du commissaire à l'éthique. Le rapport est remis au premier ministre qui doit ensuite statuer de la suite des choses.

Le premier ministre prend le blâme

Justin Trudeau accepte le rapport du commissaire à l'éthique et affirme qu'il prend la «pleine responsabilité» de ses erreurs.

Il se dit toutefois en «désaccord» avec certaines conclusions. Selon lui, il est erroné de croire que tout contact avec l'ex-ministre de la Justice était nécessairement inapproprié.

Le premier ministre répète qu'il a voulu défendre l'intérêt public en sauvant les emplois chez SNC-Lavalin.

Il affirme qu'à l'avenir les procédures seront modifiées. Elles tiendront notamment compte des recommandations d'autre autre rapport, celui de l'ancienne ministre libérale de la Justice Anne McLellan. Cette dernière ne recommande pas de séparer les rôles de ministre de la Justice et de procureur général.

L'opposition réagit

Le chef des Conservateurs, Andrew Scheer, croit que les Canadiens ne peuvent plus croire Justin Trudeau. Il demande aux Canadiens de juger le premier ministre lors des prochaines élections. Il réitère aussi que la GRC doit enquêter sur l'affaire SNC-Lavalin.

De son côté, le chef du NPD ne croit pas que Justin Trudeau puisse encore diriger le Canada. Jagmeet Singh accuse le premier ministre de travailler pour les plus riches, au détriment de la population canadienne.

Wilson-Raybould satisfaite

Jody Wilson-Raybould, qui siège maintenant comme indépendante, accueille favorablement le rapport du commissaire à l'éthique.

Dans un communiqué publié sur sa page Faceboook, la députée de Vancouver-Granville souligne que Mario Dion confirme des faits qu'elle a exposés aux Canadiens.

Elle dit aussi ressentir de la «tristesse» à l'idée de devoir tenir tête à l'ingérence du premier ministre dans un pays comme le Canada.

Jody Wilson-Raybould appelle à la vigilance et s'engage à faire de la politique autrement.