Bertrand Charest est un homme libre

L'ex-entraîneur de ski, Bertrand Charest, sort de prison. 

La Cour d'appel ordonne sa remise en liberté, en attendant de prendre une décision sur sa condamnation. Selon le juge, il ne présenterait aucun risque pour la communauté, ni un risque de fuir.

En juin 2017, Bertrand Charest a écopé de 12 ans de pénitencier après avoir été déclaré coupable de 37 chefs d'accusation de nature sexuelle sur neuf jeunes skieuses dont il avait la responsabilité, entre 1992 et 1998. À l'époque, il était entraîneur pour l'équipe canadienne junior féminine de ski alpin. Au moment des faits, certaines de ses victimes étaient mineures. Une des victimes avait même dû subir un avortement.

Quatre victimes de Bertrand Charest ont fait une sortie publique pour raconter leur cauchemar, tel que nous le rapportions en juin dernier.

Après s'être vu refuser une première demande de libération conditionnelle à la fin de 2017, l'homme de 54 ans est maintenant libre provisoirement, mais devra respecter de nombreuses conditions. Il ne peut se retrouver seul avec une personne mineure, doit respecter un couvre-feu et n'a pas le droit de quitter le Québec. Il lui est également interdit de communiquer avec les victimes.

Sa cause en appel

Détenu depuis 2015, Bertrand Charest a porté les 37 verdicts de culpabilité et sa sentence de 12 ans en appel. Son avocat évoquait plusieurs erreurs de droit dans le jugement de la Cour du Québec et a fait valoir un changement important de circonstances.

À la suite de l'analyse du dossier, la Couronne a reconnu des erreurs sur un bon nombre de verdicts. Elle a notamment admis que Charest n'aurait jamais dû être déclaré coupable de 20 des 37 chefs d'accusation et que la preuve était insuffisante pour mener à une condamnation sur certains chefs.

Dans son mémoire déposé à la Cour en octobre 2018, le DPCP concède que l'ex-entraîneur aurait dû être acquitté sur sept chefs, qu'un huitième aurait dû être annulé, qu'il devrait y avoir un nouveau procès pour deux chefs d'accusation et dix arrêts conditionnels des procédures.

Il n'est pas impossible que le quinquagénaire subisse un nouveau procès ou que la durée de sa peine soit révisée, advenant le cas où certains verdicts de culpabilité sont annulés.

L'appel sera entendu les 4 et 5 juin prochain.