BOMBARDIER : Les hausses de salaire reportées d'un an

Bombardier a finalement cédé à la pression populaire, du moins en partie. 

La multinationale reporte à 2020, le versement de plus de 50% de la rémunération de ses hauts dirigeants.

Le grand patron de Bombardier, Alain Bellemare, reconnaît avoir mal expliqué cette augmentation aux Québécois. 

Par voie de communiqué, il fait valoir que le secteur aéronautique est très concurrentiel et qu'elle doit attirer les meilleurs dirigeants.

''Bombardier est extrêmement fière de son héritage québécois. Nous sommes et serons toujours très reconnaissants envers le Québec et le Canada pour le soutien qu'ils nous ont apporté au fil des années. Avec cet appui, nous livrons concurrence et nous gagnons sur les marchés internationaux avec des avions et des trains de classe mondiale conçus et fabriqués ici chez nous". 

M. Bellemare souligne que les dirigeants de Bombardier ne profiteront du plan incitatif à long terme que si l'entreprise atteint les objectifs fixés dans son plan de redressement. 

CALMER LA GROGNE POPULAIRE 

Près de 200 personnes ont manifesté devant le siège social de Bombardier hier.

Ils digèrent mal ces hausses, alors que le gouvernement du Québec a récemment versé une aide de 1G U$ à l'avionneur. 

Le député de Québec Solidaire de Mercier, Amir Khadir estime que Bombardier doit aller plus loin. 

"Il n'y a pas de quoi applaudir. Ces hauts dirigeants ont été pris la main dans le sac et ont finalement cédé à la pression devant l'indignation suscitée par leur décision indécente et incompétente. L'affaire n'est pas réglée pour autant. Les dirigeants de Bombardier semblent incapables de comprendre que ce que les gens demandent, ce n'est pas de reporter leurs bonis, c'est d'y renoncer définitivement". 

Le critique péquiste en matière d'économie, Alain Therrien demande au gouvernement du Québec de revoir l'entente conclue avec Bombardier. 

"Chaque Québécois a mis 700$ dans cette expérience-là. Je ne suis pas contre le fait que Bombardier survive. Ce n'est pas parce que tu proposes un gel salarial que tu vas provoquer la faillite". 

Pour sa part, le premier ministre Couillard s'est dit satisfait de la décision de la multinationale : 

(Avec la collaboration d'Étienne Phénix, journaliste)