La Ville de Chambly est mise sous tutelle

La Ville de Chambly est mise sous tutelle.

L'opération menée par l'UPAC aujourd'hui à l'hôtel de ville de la municipalité a convaincu la ministre des Affaires municipales, Andrée Laforest. C'est donc la Commission municipale du Québec qui va administrer Chambly, jusqu'à nouvel ordre.

L'UPAC a aussi effectué des perquisitions au centre administratif et au garage municipal. Aucune arrestation n'était prévue.

La mise sous tutelle survient après des vérifications de la CMQ concernant des déficiences dans la gestion municipale et des allégations liées à des manquements en matière d'éthique et de déontologie. 

Le conseil municipal de Chambly demeurera fonctionnel. Toutefois, ses décisions devront être approuvées par la Commission. Cette dernière aura le pouvoir de nommer, destituer, suspendre sans traitement ou encore remplacer les officiers, fonctionnaires et employés de Chambly. 

En novembre dernier, le gouvernement Legault s'est montré préoccupé par les allégations d'abus de pouvoir du maire Denis Lavoie, en poste depuis 2005. Des citoyens affirment avoir été menacés et intimidés.

On a eu une pétition de 6000 personnes qui ont signé [pour la mise en tutelle de Chambly], alors ça c'est vraiment considérable. On a eu énormément de lanceurs d'alerte, à qui on fait [très] confiance, qui nous ont téléphoné et qui ont écrit des lettres au ministère. [...] Aujourd'hui, ça change complètement la donne parce que l'UPAC est rendu à la Ville de Chambly. - La ministre des Affaires municipales, Andrée Laforest.

En entrevue à Radio-Canada, la directrice des communications à la Ville de Chambly, Micheline Le Royer, a indiqué avoir parlé au maire et que ce dernier était surpris de ne pas avoir été contacté par l'UPAC, car il aurait aimé collaborer.

La conseillère de l'opposition, Alexandra Labbé, s'est dite étonnée d'une telle intervention de l'UPAC. Elle souligne que les abus de pouvoir du maire Denis Lavoie et les choses qui se passaient à la Ville qui ont été dénoncés dans les derniers mois relèvent de l'éthique et de la déontologie, donc rien qui ne justifierait l'intervention de l'UPAC.

« C'est sûr qu'on est soulagé de voir que la situation de Chambly est prise au sérieux par les autorités, on a autant hâte que tout le monde de faire la lumière sur ce qui se passe. » — Alexandra Labbée, conseillère municipale à Chambly

La conseillère indique que ni le maire suppléant, Jean Roy, ni le maire, Denis Lavoie, n'ont communiqué avec les élus, du moins ceux de l'opposition, depuis le début des perquisitions. L'UPAC confirme l'intervention en cours sans donner de détails. Aucune arrestation n'est prévue.

(Avec la collaboration de Benoit Chevalier, journaliste Bell Média)