L'UPAC enquêterait toujours sur Jean Charest et Marc Bibeau

En annonçant une enquête interne pour trouver la source d'un coulage d'information, l'UPAC a confirmé que l'enquête criminelle concernant le financement politique du Parti libéral du Québec sous Jean Charest est toujours active.

Elle dénonce la fuite d'informations de cette enquête, et promet de faire la lumière.

« Il n’est pas dans l’intérêt commun que des documents et des contenus d’enquête soient étalés sur la place publique. Cette divulgation pourrait être lourde de conséquences alors que les enquêteurs de l’UPAC sont maintenant soumis à des pressions inutiles qui pourraient entraver leur travail. (...) L’enquête Mâchurer se poursuit et elle sera soumise au Directeur des poursuites criminelles et pénales lorsque tous les éléments de preuves seront amassés et analysés, et que l’enquête sera entièrement complétée » - Robert Lafrenière, commissaire de l'UPAC.

Jean Charest n'a pas réagi à ce dossier. En 2014, lorsque l'émission Enquête avait soulevé qu'il était au coeur de cette enquête de l'UPAC, il avait nié toute implication dans un système allégué de financement politique illégal.

L'ex-argentier des libéraux, l'entrepreneur Marc Bibeau, a réagi via son avocat.

"Notre client est outré par le fait que de l’information apparemment obtenue en cours d’enquête pourtant confidentielle, y compris des renseignements personnels, soit délibérément coulée dans les médias dans le seul but de porter atteinte à sa réputation, sur la foi de conjectures."-Me William Brock.

L'OPPOSITION VEUT LES ENTENDRE

À Québec, l'article de TVA Nouvelles a alimenté tous les débats. Les partis d'opposition veulent entendre Jean Charest et Marc Bibeau, qui n'auraient pas été rencontrés par les enquêteurs, et qui n'ont pas témoigné publiquement à la commission Charbonneau.

La Coalition Avenir Québec souhaite que l'Unité permanente anticorruption et le Directeur des poursuites criminelles et pénales aillent jusqu'au fond des choses pour déterminer s'il y a un lien entre le financement politique et l'octroi de contrats publics. 

"Ça fait des années que ça dure, la Commission Charbonneau a fait un gros travail. Maintenant ce qu'on comprend c'est que la police est là-dedans, continue d'enquêter. Il faut aller jusqu'au bout parce qu'il faut donner confiance aux citoyens aussi dans leurs politiciens. Ce n'est pas tout le monde qui est sale, mais il y en a". - Nathalie Roy, députée caquiste de Montarville

Le Parti québécois se demande s'il existe une "immunité libérale" dans notre système de justice.

De son côté, le député de Québec Solidaire dans Mercier, Amir Khadir aimerait savoir si le PM Philippe Couillard collabore à l'enquête. Il rappelle qu'il faisait partie du gouvernement Charest lorsque chaque ministre devait amasser 100 000$ en contributions politiques. 

Selon TVA Nouvelles, les allées et venues de Jean Charest ont été scrutées jusqu'à l'an dernier.

Aucune accusation criminelle n'a encore été déposée.

Avec la collaboration d'Étienne Phénix.