La distraction au volant tue plus que jamais au Québec

La distraction au volant est encore la deuxième plus importante cause de décès sur les routes du Québec. C'est ce qui ressort du bilan routier provisoire de la Sureté du Québec pour 2018.

 

Le nombre de collisions mortelles est en baisse pour 2018 sur le territoire desservi par la Sureté du Québec. Selon le bilan routier provisoire, on dénombre 235 accidents, qui ont fait 253 victimes, soit 15 de moins que l'an dernier. Ce sont des chiffres encourageants pour le lieutenant au sein du service de la sécurité routière à la Sureté du Québec, Christian Paquin.

« L'ensemble des opérations quotidiennes tenues par nos policiers contribue à l'amélioration du bilan, également, les opérations nationales concertées sur les problématiques liées aux collisions. La sensibilisation de la population contribue également à améliorer le bilan. »

- Lieutenant Christian Paquin

La vitesse excessive est toujours en tête des causes les plus fréquentes d'accident. Elle est responsable du tiers des collisions.  C'est toutefois la distraction au volant qui arrive deuxième encore une fois cette année, détrônant la conduite avec les capacités affaiblies par l'alcool ou la drogue ou la combinaison des deux, qui est en légère baisse.

iStock. Une personne qui utilise son cellulaire au volant.

La Sureté du Québec est consciente qu'elle devra continuer de marteler les dangers liés à tous les types de distraction et tenter d'en faire davantage pour contrer ce fléau. Plus de 9 000 constats d'infraction sont remis chaque année pour l'utilisation du cellulaire au volant, pourtant, cette cause est en augmentation.

« L'année dernière, nous avions 24 collisions reliées à la distraction. Cette année, on est à 25, donc une progression. On va s'attaquer au problème en faisant nos opérations quotidiennes et on a une opération nationale concertée qui porte directement sur les distractions. »

- Lieutenant Christian Paquin

Les 45-64 ans plus représentés

Contrairement à ce qu'on pourrait croire, la majorité des victimes sont âgées entre 45 et 64 ans. Ce groupe est suivi de près par les 25-44 ans avec 75 décès en 2018. On note même une diminution de 32 % des jeunes victimes de 16 à 24 ans, un chiffre encourageant.

Dans le but d'améliorer constamment ce bilan, la Sureté du Québec a de nouveaux outils, notamment celui de pouvoir exiger un échantillon d'haleine de façon aléatoire. C'est un nouveau pouvoir qui devrait faire ses preuves, selon le lieutenant Paquin.

« Il y a plus de 40 pays à travers le monde qui ont appliqué cette mesure, dont la France, l'Australie, l'Allemagne, et ça s'est traduit par l'amélioration du bilan routier, donc on ne peut que saluer ce nouvel outil. »

- Lieutenant Christian Paquin

Il est trop tôt pour voir une tendance négative en lien avec la consommation de cannabis au volant, alors que ce n'est légal que depuis le 17 octobre. Toutefois, annuellement, environ 6 500 personnes sont arrêtées pour conduite avec les capacités affaiblies, dont 400 par la drogue, une fréquence qui suit la tendance des dernières années.

Un automobiliste a aussi tout avantage à porter sa ceinture de sécurite, conclut le lieutenant Paquin, puisque ce simple geste peut diminuer la gravité des blessures et par le fait même, sauver des vies. Cette année, le nombre de victimes qui ne portaient pas leur ceinture de sécurité a doublé.

En 2018, le vendredi a été la journée la plus meurtrière avec 20% des accidents qui ont été couverts par la Sûreté du Québec. La SQ rappelle que la cause première des collisions demeure la personne derrière le volant, et qu'il importe d'adapter sa conduite aux conditions climatiques et routières.

Quelques chiffres

- 39 victimes de 16 à 24 ans; 75 décès chez les 25 à 44 ans et 83 morts chez les 45 à 64 ans.
- 45 victimes ne portaient pas leur ceinture de sécurité au moment de la collision
- Près des deux tiers des collisions mortelles surviennent entre 8h et 20h