La SPCA veut interdire le dégriffage des chats

La SPCA de Montréal veut interdire le dégriffage des chats. L'organisme lance une pétition pour que l'Ordre des médecins vétérinaires du Québec cesse cette pratique.

Une trentaine de pays ont déjà interdit le dégriffage. C'est aussi le cas dans quatre provinces canadiennes, soit la Nouvelle-Écosse, la Colombie-Britannique, Terre-Neuve-et-Labrador et l'Île-du-Prince-Édouard.

«Au Québec aussi, nous devons interdire cette chirurgie invasive et cruelle. » - Élise Desaulniers, directrice générale, SPCA Montréal.

L'organisme lance une pétition en ligne pour que cette pratique soit bannie. La SPCA affirme que l'équivalent chez l'humain serait d'ôter le bout des doigts à partir de la dernière jointure.

La procédure peut entraîner de la douleur chronique chez les félins, en plus de provoquer des troubles orthopédiques et neuropathiques à long terme. Les chats dégriffés sont aussi plus à risque de développer des problèmes de comportement, incluant la malpropreté et l'agressivité.

Plusieurs cliniques vétérinaires refusent déjà de procéder au dégriffage pour des raisons éthiques et médicales. 

Un sondage publié par l'Association des médecins vétérinaires du Québec indique que 61% des vétérinaires croient que leur ordre professionnel devrait emboîter le pas. Cette proportion grimpe à 88% chez les vétérinaires âgés de 30 ans et moins.

L'Ordre des médecins vétérinaires du Québec ferme la porte

L'Ordre des médecins vétérinaires du Québec n'a pas l'intention d'interdire le dégriffage des chats.

Il préfère sensibiliser la population en l'informant des alternatives. Selon l'Ordre, l'éducation et la sensibilisation des propriétaires de chats sont des étapes fondamentales avant d'envisager l'interdiction d'une telle chirurgie.

« Parce que c'est une chirurgie qui a longtemps été considérée comme une opération de routine lors de l'adoption d'un chat, les gens la demandent encore largement lorsqu'ils consultent leur médecin vétérinaire. On sait maintenant que cette chirurgie peut amener son lot de complications et avoir des répercussions sur le bien-être de l'animal. À ce point-ci, nous pensons que beaucoup d'éducation reste à faire pour informer les propriétaires de chats quant à la nature de cette intervention chirurgicale et sur les solutions de rechange qui peuvent permettre d'éviter le dégriffage félin » -Dre Caroline Kilsdonk, présidente de l'Ordre des médecins vétérinaires du Québec.

(Avec la collaboration de Marie-Pier Boucher, journaliste Bell Média)