Légalisation du cannabis: Montréal traite le pot comme la cigarette

À une semaine de la légalisation du cannabis, la ville de Montréal confirme que la consommation de cette drogue sera encadrée au même titre que le tabac.

Il sera donc impossible d'en fumer, là où le tabac est interdit. S'ajoutent à cela d'autres lieux publics tels que les terrasses de restaurants, abribus, pistes cyclables et les terrains appartenant à des établissements d'enseignement postsecondaire ou des camps de jour.

La Ville a travaillé avec un comité d'experts indépendants pour mener sa réflexion. Parmi les facteurs qui ont été considérés, il y a le nombre élevé de locataires et le désir d'offrir un traitement équitable envers tous les Montréalais.

« À Montréal, 60% de la population est locataire. Les personnes vivant en condos y sont également plus nombreuses qu'ailleurs. Restreindre la consommation de cannabis au-delà de ce que prévoit la loi provinciale est mal adapté à la réalité des logements locatifs. »

- Valérie Plante, mairesse de Montréal

Cette vision est partagée par la Direction régionale de santé publique du CIUSSS du Centre-Sud-de-l'Île-de-Montréal. Celle-ci estime que l'interdiction de consommer dans les lieux publics extérieurs confinera les consommateurs dans les logements. La concentration de fumée secondaire aurait des effets néfastes sur la santé des occupants.

La semaine dernière, cinq arrondissements ont décidé d'interdire la consommation de cannabis dans l'espace public: Saint-Laurent, Saint-Léonard, Pierrefonds-Roxboro, Montréal-Nord et Rivière-des-Prairies–Pointe-aux-Trembles.

Pour les quatorze autres arrondissements, l'administration Plante se conforme plutôt à la loi provinciale adoptée, en juin dernier, par le gouvernement libéral de Philippe Couillard. Ces règles pourraient être appelées à changer puisque la Coalition Avenir Québec a déjà annoncé son intention d'interdire la consommation de marijuana dans les lieux publics et de rehausser l'âge légal à 21 ans.

Plusieurs municipalités du Québec ont déjà adopté des règlements pour que les citoyens ne puissent fumer du cannabis dans l'espace public. 

Les policiers pourront fumer du pot 

Montréal n'interdit pas à ses employés de fumer du cannabis, mais leur demande de se présenter au travail sans être sous les effets de la drogue.

Cette règle s'appliquera aux policiers du SPVM. Le commandant André Durocher indique qu'il serait trop ardu d'appliquer un délai entre la consommation et le quart de travail de ses agents.

La ville de Toronto a décidé d'interdire à ses policiers de fumer du cannabis 28 jours avant leur journée de travail.