Trump taxe l'acier et l'aluminium canadien

L'administration Trump impose des tarifs douaniers de 25% sur les importations d'acier et 10 % sur celles de l'aluminium du Canada aux États-Unis, à compter de minuit ce soir.

Le Mexique et l'Union européenne subissent le même sort.

Ça accentue la pression sur le Canada dans les négociations sur l'Accord de libre-échange nord-américain.

Le premier ministre Philippe Couillard trouve qu'il s'agit d'une "mauvaise décision" pour Ottawa et Washington.

Plusieurs entreprises américaines importent l'acier et l'aluminium canadien.

"On doit se tenir debout et ne pas se laisser faire. Répliquer à ce qui se passe par des sanctions, il faut être prudent par rapport à ça." - Dominique Englade, ministre de l'Économie.

OEIL POUR OEIL, DENT POUR DENT

Justin Trudeau qualifie de totalement inacceptables les tarifs douaniers imposés par l'administration Trump.

Ottawa réplique avec à son tour des surtaxes sur les importations d'acier, d'aluminium et d'autres produits provenant des États-Unis à partir du 1er juillet.

Ces taxes punitives iront jusqu'à 16,6 milliards de dollars canadiens.

Ces contre-mesures seront en vigueur jusqu'à ce que la surtaxe sur l’aluminium et l’acier soit levée.

Les droits américains sur l’aluminium et l’acier canadiens sont inacceptables. Comme nous l’avons dit, nous allons toujours défendre nos travailleurs. Aujourd’hui, nous annonçons que nous prendrons des mesures de rétorsion en réponse à cette attaque contre notre industrie.

— Justin Trudeau (@JustinTrudeau) 31 mai 2018

INQUIÉTUDES AU SAGUENAY-LAC-SAINT-JEAN

La nouvelle soulève plusieurs craintes au Saguenay-Lac-Saint-Jean où une bonne partie de l'économie repose sur la production d'aluminium. 

80% de la production prend la route des États-Unis. 

Rio Tinto Alcan a toujours indiqué qu'elle continuerait ses investissements malgré la surtaxe.

Le président du Syndicat national des employés de l'aluminium de l'usine d'Arvida Alain Gagnon fait preuve d'ouverture, pour l'instant: 

"On va y aller de façon factuelle à démontrer que les Américains vont payer leurs véhicules et leurs biens de consommation plus cher. Ils vont perdre des emplois en bout de ligne."

(Avec la collaboration de Marie-Pier Boucher, journaliste Bell Média)