2,1 millions de déplacements quotidiens dans la grande région de Québec et Lévis

L'automobile continue de gagner des fidèles dans la Capitale-Nationale et Chaudière-Appalaches. La plus récente enquête origine-destination estime que 78% des 2,1 millions de déplacements quotidiens se faisaient à bord d'une voiture en 2017. Il s'agit d'une hausse de 3% pour ce mode de transport en 15 ans.

De 2001 à 2017, le nombre de véhicules par ménage a d'ailleurs suivi la même tendance passant de 1,37 à 1,44. 

Par ailleurs, le secteur ouest du territoire de la Ville de Québec s'avère être le plus grand générateur de déplacements. Le pôle de Sainte-Foy-Sillery-Cap-Rouge arrive en tête à 229 800 par jour et il est suivi par l'arrondissement des Rivières à 165 000. La Cité-Limoilou en compte 143 100.

À Lévis, c'est sans surprise le pôle Desjardins qui attire le plus de déplacements quotidiens avec 76 000.

L'analyste au ministère des Transports Jean Côté prévient qu'il s'agit de données brutes et qu'il faudra laisser le temps aux analystes et ingénieurs du MTQ de faire leur travail afin de se prononcer sur de nouveaux projets en infrastructure ou en transport en commun.

Il serait très malhabile de vouloir tirer des conclusions à partir d'un portrait actuel ou de tendances passées pour justifier des projets futurs.

Précisons qu'un déplacement n'équivaut pas nécessairement à un véhicule. 14,5% des personnes qui se déplaçaient en automobile étaient des passagers en 2017.

À chacun son interprétation

Même si l'étude établit que les déplacements sont principalement concentrés dans l'ouest du territoire de la région, le gouvernement caquiste maintient son intention d'aller de l'avant avec la construction d'un troisième lien autoroutier à l'est entre Québec et Lévis.

Le ministre des Transports François Bonnardel calcule qu'il y a malgré tout 21 000 déplacements quotidiens d'est en est entre les deux rives et 31 000 d'ouest en ouest, ce qui porterait le total à 52 000 déplacement inter-rives.

Il ajoute que ce n'est pas le seul argument qui légitimise la promesse faite par la Coalition avenir Québec lors de la dernière campagne électorale.

Ce futur troisième lien, ce n'est pas juste pour Québec et Lévis. C'est pour tout l'est du Québec. C'est aussi une question de sécurité pour nos ponts et dans ces circonstances, il faut voir plus loin que ce que l'on a comme chiffres aujourd'hui.

Le gouvernement caquiste maintient qu'une première pelletée de terre aura lieu avant la fin de son mandat actuel dans 3 ans.

Du côté de la Ville de Québec, l'administration demeure prudente et diplomate soulignant au passage l'importance d'obtenir les études qui démontreront les gains pour la Rive-Nord générés par un éventuel troisième lien à l'est. Le vice-président du comité exécutif Rémy Normand a notamment évoqué les conséquences possibles pour les résidents de Beauport, Limoilou et ceux du centre-ville.

Qu'est ce que ça va avoir comme effet de congestion sur les artères qui sont déjà fréquentées par les gens de la Rive-Nord. Ce n'est pas un projet qui nous appartient, le gouvernement a le droit de faire ses choix. Nous on veut juste voir les gains et les effets.

Selon les tableaux concoctés par l'administration Labeaume à partir des données de l'étude du MTQ, 19 000 automobiles quitteraient Lévis chaque matin en direction de Québec pendant l'heure de pointe. Une interprétation qui, il faut le dire, est bien différente et plus conservatrice que celle du gouvernement Legault.

Le maire de Lévis Gilles Lehouillie a pour sa part déclaré que le transport en commun n'est pas la seule solution aux problèmes de congestion et qu'un troisième lien est plus nécessaire que jamais.

Le comparatif des déplacements interrives entre 2011 et 2017 démontre clairement qu'il faudra travailler sur plusieurs modes de transport.

La part des déplacements quotidiens en transport en commun est passée de 6,8% en 2001 à 6,5% en 2017 pour les deux régions.

À noter que la marche correspond à une plus grande proportion de déplacements, soit 9,2%.

L'enquête origine-destination est basée sur des renseignements glanés auprès de 35 000 ménages à l'automne 2017.