Québec Solidaire s'organise pour rallier les banlieues contre le 3e lien

Québec Solidaire veut mobiliser la population contre le projet de troisième lien entre Québec et Lévis avec un plan d'actions qui s'orchestre autour d'une pétition en ligne.

Près de 300 militants se sont réunis mercredi soir à la salle de spectacles Le D'Auteuil pour entendre des politiciens, un expert en urbanisme et une citoyenne de l'île d'Orléans s'exprimer sur le sujet.

Le directeur du l'École supérieure d'aménagement du territoire et de développement régional de l'Université Laval Jean Dubé a été le premier à prendre la parole évoquant les arguments favorables et défavorables au projet estimé à plus de 4 millilards de dollars. Il a ensuite été suivi par la résidente de l'Île d'Orléans Esther Charron qui a pour sa part livré un vibrant plaidoyer contre la construction d'un lien autoroutier à l'ouest.

Personne ne parle au nom des insulaires au sein du bureau de projet, on n'a pas notre voix c'est ça qui m'inquiète énormément. Ça se développe sans qu'on nous demande notre avis. Il faut que la population demande aux élus de se prononcer contre le projet.

Esther Charron, citoyenne engagée

L'enseignant de littérature au Cégep de Limoilou et auteur Simon-Pierre Beaudet complétait le trio de conférenciers invités. L'artiste engagé a livré un discours au ton parfois sarcastique. Il s'est également attaqué à plusieurs reprises aux radios parlées de la capitale ce qui a déclenché beaucoup de rires et d'applaudissements dans la foule.

À Québec depuis 20 ans, les radios privées mènent férocement cette guerre culturelle. On y cultive la haine de tout ce qu'on associe à la gauche. Les pauvres, les syndiqués, les cyclistes (...) La stratégie a fonctionné au-delà de toute mesure, si bien que l'on reconnait spontanément le transport en commun comme étant associé à la gauche et on le combat en tant que tel.

Simon-Pierre Beaudet, enseignant, auteur et artiste

Les députés Sol Zanetti et Catherine Dorion se tournent d'abord vers les quartiers centraux de la villle et les insulaires pour réussir à rallier la banlieue à leur cause.

C'est aussi de donner le choix au monde de la banlieue. Pour l'instant, il y a juste le monde en ville qui a le choix, c'est pas juste. Les gens des quartiers centraux sont tous convaincus. On va allez voir le monde de Beauport, de Charlesbourg, le monde qui prend la 40, la 73 et ceux de la Rive-Sud.

Catherine Dorion, députée de Taschereau

Le plan d'action solidaire comprend trois séances de blitz de signatures de la pétition qui commenceront d'abord dans les comtés de Jean-Talon (24 mars), Jean-Lesage (7 avril et Taschereau (10 avril). Le parti de gauche souhaite aussi déployer des équipes de mobilisation afin de faire du porte-à-porte pour faire signer le document en ligne par le plus grand nombre de citoyens possible. Aucune cible n'a été évoquée pour le moment.

Il est aussi question de militer sur l'Île d'Orléans afin de faire sortir ceux qui s'opposent au projet de troisième lien.

La démarche se veut l'un des moyens de faire pression sur le gouvernement caquiste qui s'est engagé en campagne électorale, rappelons-le, à démarrer le chantier du 3e lien autoroutier avant la fin d'un premier mandat.

La pétition, c'est aussi une façon d'aller sur le terrain pour diffuser l'information et les gens qui signent peuvent ensuite être interpelés pour des manifestations. Plus tard, quand, dans un an, ils vont faire des sondages, ce qu'on espère, c'est que ça va changer l'opinion publique. 

Sol Zanetti, Député de Jean-Lesage