OPTILAB: les technologistes médicales n'en peuvent plus

Les technologistes médicales de l'Alliance du personnel professionnel et technique de la santé du Bas-Saint-Laurent, de la Gaspésie et de Chaudière-Appalaches (APTS) lancent un cri du cœur concernant la réforme Optilab.

La ministre de la Santé, Danielle McCann avait annoncé une réorientation du projet Optilab le 10 avril dernier.

Les technologistes dénoncent la détérioration de leurs conditions de travail depuis la mise en place du projet, qui vise à centraliser les laboratoires de biologie médicale.

Ils évoquent notamment le temps supplémentaire obligatoire, le manque de personnel, les listes de rappel vides et une hausse des congés de maladie et des départs hâtifs à la retraite.

Amélie Nadeau est technologiste médicale depuis huit ans. Elle dit avoir une passion inconditionnelle pour son métier, mais que cette passion laisse désormais sa place à l’épuisement.

« Les listes de rappel sont épuisées, tout le monde travaille à temps plein en plus de faire du temps supplémentaire obligatoire. On pense que ça va arrêter, mais ça n’arrête jamais. Plus le personnel part en congé de maladie pour épuisement, plus ça fait des quarts de travail à couvrir, c’est une roue qui tourne. »

Amélie Nadeau, technologiste médicale au CISSS du Bas-Saint-Laurent

Elle explique que la liste des tâches s’allonge et qu’elle doit en plus gérer le transport des échantillons et les appels téléphoniques.

Optilab et la performance

Selon les délégués syndicaux, les risques d’erreur deviennent plus élevés en raison de la charge de travail des technologistes.

Le projet Optilab vise la performance. Le personnel en laboratoire doit donc accélérer la cadence pour arriver à des résultats rapides, mais avec une baisse d’effectifs.

Les représentants et délégués syndicaux de l'APTS dénoncent le projet Optilab.

L'APTS estime que, malgré l'annonce de la ministre, le CISSS du Bas-Saint-Laurent procède tout de même au transfert des analyses de laboratoire au détriment du respect des critères de qualité et de traçabilité.

La représentante dans le Bas-Saint-Laurent, Mélanie Bernier, croit de le projet doit « carrément être mis sur la glace en attendant sa refonte ».

« La ministre a annoncé des changements noir sur blanc, mais il ne faut pas oublier le côté humain. Il y a plus d’analyses à faire, mais moins de personnel en place. On transfert des échantillons vers Rimouski, mais il n’y a pas de ressources supplémentaires sur le terrain. Les technologistes nous mentionnent qu’ils ont peur de faire des erreurs. »

Mélanie Bernier, représentante de l’APTS dans le Bas-Saint-Laurent

Une relève absente

L’APTS souligne que la détérioration des conditions de travail et la pénurie de personnel est lourde de conséquences pour l’Est du Québec.

Attirer de la relève devient un véritable défi dans un contexte où les ressources sont déjà manquantes. L’APTS note même une diminution des inscriptions au cégep.

« C’est difficile d’amener des jeunes dans les petits centres comme en Gaspésie. Encore plus avec nos conditions de travail. Après de quarts de travail de 16 heures, c’est goodbye la conciliation travail-famille et welcome l’épuisement. »

Dany Leblanc, technologiste médical à Maria