15M$ en bourses pour les futurs préposés aux bénéficiaires

Préposés aux bénéficiaires

Québec consacre 15 millions de dollars à un programme de bourses pour encourager le métier de préposés aux bénéficiaires.

 

Les étudiants qui auront complété leur formation et qui s'engagent pour un contrat de deux ans sont admissibles.

Les 2 000 bourses de 7 500 $ chacune sont mises à la disposition des établissements de santé, qui sélectionneront les lauréats. 41 personnes pourront bénéficier d’une bourse en Abitibi-Témiscamingue.

Le Centre intégré de santé et de services sociaux (CISSS) de l'Abitibi-Témiscamingue espère que ce sera attractif.

« Avec la pénurie qu'on vit actuellement, les préposés aux bénéficiaires, c'est un des titres d'emploi les plus critiques, donc les besoins sont importants. Parfois, un incitatif financier va faire la différence sur la volonté d'une personne de vouloir s'inscrire ou la capacité financière de pouvoir suivre une telle formation. »

- Caroline Roy, présidente-directrice générale du CISSS-AT

L'Abitibi-Témiscamingue compte actuellement 710 préposés aux bénéficiaires, selon les données du CISSS de l'Abitibi-Témiscamingue. Le besoin est estimé à 71 à temps complet.

La vice-présidente régionale de la Fédération de la santé et des services sociaux (FSSS), Annick Trottier, voit cette annonce d'un bon oeil, mais apporte un bémol.

« Tant mieux s'il y a de l'argent qui est investi pour la formation de préposé aux bénéficiaires, mais ce n'est pas ça la réelle problématique. La raison pour laquelle on est peu attractif, c'est le clash qui s'est passé dans les dernières années avec le gouvernement, le fait de fusionner tous les établissements, c'est ça qui a apporté énormément de difficultés. »

- Annick Trottier, vice-présidente régionale de la FSSS

Contrer la pénurie de main-d'oeuvre

Le gouvernement multiplie les initiatives afin de contrer la pénurie de main-d'oeuvre dans les CHSLD de la province. Annick Trottier estime que c'est parce que Québec réalise que cette catégorie d'emplois a été délaissée dans le passé. Certaines régions offrent notamment des formations payées afin d'attirer de nouveaux candidats.

La vice-présidente de la FSSS dans la région rappelle aussi qu'il reste beaucoup de travail à faire, notamment pour valoriser la profession.

« On a du rattrapage salarial à faire, quand on pense que le préposé aux bénéficiaires, il gagne en moyenne 21 ou 22 $ de l'heure. Ce n'est pas juste une question de salaire. Les gens quittent parce qu'ils sont surchargés, les gens quittent parce qu'ils sont épuisés, parce que justement, il n'y a de personnes qui viennent donner leur nom. »

- Annick Trottier

En Abitibi-Témiscamingue, dans les dernières années, des ententes de Reconnaissance des acquis et des compétences en formation professionnelle (RAC) ont été mises en place entre le syndicat et le CISSS pour recruter du personnel. Toute personne qui porte de l'intérêt à ce métier peut obtenir un emploi en établissement et obtenir son diplôme de préposé après quelques semaines, grâce à la reconnaissance des acquis.

- Avec la collaboration de Philip Rodrigue-Comeau, journaliste Bell Média.