Attentat de Québec: onde de choc dans la communauté musulmane d'Abitibi-Témiscamingue

En Abitibi-Témiscamingue comme partout dans le monde, c'est l'onde de choc au lendemain de l'attaque terroriste qui a fait six morts et cinq blessés graves au Centre culturel islamique de Québec.

Cet attentat est un acte que dénonce et qui désole le président de l'Association culturelle musulmane de Rouyn-Noranda, Mohammed Akkabi.

« Normalement, on ne pensait pas que ça arriverait, mais ça arrive. Le terrorisme n'a pas de place, n'a pas de pays, n'a pas d'origine, n'a pas de confession. Ça arrive partout. C'est désolant de voir ça ici au Québec. On se croyait loin de tout ça, mais c'est la réalité, ça frappe tout le monde. »

Mohammed Akkabi estime que les Témiscabitibiens sont tolérants et qu'il n'y a pas de haine en région.

« On a de bonnes relations avec tout le monde et on n'a jamais senti ça. Surtout que notre communauté ici est formée par des intellectuels, ce sont des ingénieurs, des professeurs, des médecins. Ce sont des gens bien impliqués dans la société. »

L'Association compte une centaine de membres, fidèles, sympathisants et d'autres moins pratiquants.

Un climat de peur et de tristesse

La Rouynorandienne Chloé Jobin vit à Québec depuis près de six ans. Elle est très attristée par les événements.

« On pense des fois que ça ne nous touche pas, mais c'est plus proche qu'on pense. C'est vraiment triste. J'habite dans un jumelé et mon voisin c'est un Marocain, musulman, et je n'ai jamais eu un aussi bon voisin. Si j'avais un message à passer, ce serait de laisser les autres vivre et de s'aimer malgré nos différences. »

Chloé Jobin craint même pour sa sécurité lors d'événements majeurs, comme le Festival d'été de Québec.

Un seul suspect

Les policiers n'ont finalement qu'un seul suspect, après en avoir d'abord annoncé deux. Selon plusieurs médias, dont Le Devoir, il s'agirait d'Alexandre Bissonnette, 27 ans.

Le suspect aurait ouvert le feu sur des fidèles, un peu avant 20h dimanche soir. Il comparaitra prochainement.

Le deuxième homme arrêté hier a été interrogé, mais est considéré comme témoin pour l'instant.

Les responsables des quatre corps policiers impliqués dans l'enquête n'ont pas voulu faire de commentaires sur ce qui aurait pu motiver l'homme à commettre un tel geste, ni sur sa possible radicalisation.

Ils ont indiqué toutefois qu'ils ne pensaient pas, pour le moment, qu'il y avait des complices.

Néanmoins, la surveillance a été augmentée près de toutes les mosquées du Québec.

Appel au dialogue et à la solidarité

L'organisme La Mosaïque oeuvre au quotidien pour faciliter l'accueil et l'intégration des immigrants en Abitibi-Témiscamingue.

À ceux qui pourraient être tentés de quitter le Québec suite à cet événement, la présidente du conseil d'administration, Vanessa Dubois, appelle plutôt au dialogue.

« Ça se peut qu'il y ait des gens qui aient peur et qui disent qu'ils vont partir, mais de fuir, ça ne règle pas le problème. Je pense que c'est préférable pour quelqu'un qui avait un bon emploi et une bonne communauté ici de parler et de dire ouvertement son stress et ce qu'il vit par rapport à cet événement-là, parce que ce n'est pas évident. »

Le président de l'Union des municipalités du Québec, Bernard Sévigny, appelle les municipalités à mettre leurs drapeaux en berne et à dénoncer ces gestes.

À Rouyn-Noranda, le maire Mario Provencher a répondu à l'appel.

De plus, il proposera, lors de la séance du conseil municipal de ce soir, une motion de condoléances aux familles affligées et aux citoyens de Québec.

Des vigies sont prévues ce soir à Québec et Montréal, et des veillées à la chandelle en hommage aux victimes se tiendront également à Ottawa, Trois-Rivières et Saguenay.