Cannabis: des tensions entre Ottawa et Québec

La tension est de plus en plus vive entre Québec et Ottawa dans le dossier de la légalisation du cannabis.

Et les deux ministres de la Santé utilisent les médias pour laver leur linge sale.

La ministre fédérale de la Santé, Jane Philipott, a dénoncé dans une lettre ouverte dans La Presse cette semaine les arguments « trompeurs » du provincial.

Elle jure qu'Ottawa ne cherche pas à déléguer ses responsabilités aux provinces et que des investissements suivront pour de la prévention et des ressources supplémentaires.

En guise de réponse, la ministre québécoise déléguée à la Santé publique, Lucie Charlebois, a elle aussi publié une lettre ouverte dans le quotidien. Elle accuse celui de Trudeau de « négliger les impacts de ses décisions sur les provinces ».

Remettre les pendules à l'heure

Porte-parole du gouvernement lors du dépôt du projet de loi,  la ministre du Revenu national, Diane Lebouthillier, a voulu clarifier la situation.

Elle assure qu'il y aura collaboration.

« On sait très bien qu'on doit aussi respecter les champs de compétence des provinces, et je suis heureuse de constater que tout le monde, autant au niveau des provinces que des organisations, tout le monde est sur la même page à l'effet qu'on doit trouver d'autres solutions, parce que ce qu'on faisait ultérieurement ne fonctionne pas. »

La députée rappelle qu'il faut surtout miser sur la prévention de la consommation chez les jeunes de 15 à 25 ans.

« On est la population au niveau des jeunes qui consomme le plus dans le monde. Je pense que ce n'est pas un débat qui doit être politique, c'est un débat de santé publique où tout le monde doit travailler en concertation, autant au niveau de la sécurité, des organismes qui oeuvrent dans le milieu sur le terrain que le gouvernement. »

Quant à la décriminalisation demandée par plusieurs, elle n'est pas considérée. Diane Lebouthillier estime que ce serait un bar ouvert pour le crime organisé.

Le Parti québécois demande une commission spéciale pour consulter les provinces. La députée juge que c'est inutile puisque 30 000 personnes de divers milieux se sont déjà prononcées avant le dépôt du projet.

La ministre est confiante que la légalisation entrera bien en vigueur en juillet 2018.

Facebook Diane Lebouthillier