CANNABIS « On veut des réponses » - Christine Moore

Beaucoup de questions demeurent sans réponses dans le projet de loi sur la légalisation du cannabis, selon Christine Moore.

La députée néodémocrate d'Abitibi-Témiscamingue se questionne sur l'application des restrictions annoncées, notamment la possession d'un maximum de 30 grammes ou de quatre plants par ménage.

Par ailleurs, plusieurs responsabilités seront attribuées aux provinces, c'est notamment le cas du prix.

Christine Moore se demande si le projet de loi permettra vraiment de lutter contre le crime organisé.

« Si, en fonction des taxes et des autres tarifs qui sont mis sur la marijuana, on ressort avec un prix qui est plus élevé que celui du marché noir, est-ce que les gens vont vraiment se tourner massivement vers celui qui est légal? C'est une question. »

Les sanctions plus sévères

Des sanctions plus sévères sont prévues pour la conduite avec les facultés affaiblies par la drogue.

Mais difficile de dire si les mesures de contrôles annoncées seront adéquates, ajoute la députée.

« On dit aux policiers qu'on va leur fournir des appareils pour détecter au niveau salivaire. Est-ce que cette preuve-là va être considérée assez solide dans un tribunal? Est-ce qu'on a la preuve scientifique assez solide pour déterminer qu'une personne qui a un test positif n'est vraiment pas en état de conduire? Il semble y avoir un effet de tolérance au niveau de la substance. »

Il sera interdit d'en vendre à des jeunes de moins de 18 ans.

Une peine d'emprisonnement pouvant aller jusqu'à 14 ans est prévue pour toute personne qui offrirait du cannabis à des jeunes.

La décriminalisation encore possible avant 2018?

Christine Moore continue de dire que la marijuana aurait dû être décriminalisée dès maintenant, en attendant sa légalisation, prévue pour juillet 2018.

« Il ya des meurtriers qui sont relâchés parce qu'on ne réussit pas à les juger dans des délais qui sont acceptables, mais pendant ce temps-là, on continue à poursuivre des gens pour des cas de possession simple [de cannabis]. Le projet de loi non plus ne règle pas la question de savoir si on accorde le pardon à tous ceux qui ont un dossier criminel à cause de cette infraction-là. »

Christine Moore s'inquiète aussi qu'on semble banaliser une substance qui peut avoir des effets nocifs sur la santé des jeunes.

Tout comme Québec, elle reproche à Ottawa de ne pas allouer des sommes supplémentaires aux provinces pour faire face aux impacts de la loi.