« D'aucune façon je ne me sens rejeté » - François Gendron

Le député sortant et doyen de l'Assemblée nationale, François Gendron, accepte la défaite du Parti québécois dans Abitibi-Ouest.

Sa relève, Sylvain Vachon, a perdu par 195 voix contre la caquiste Suzanne Blais après une lutte serrée.

François Gendron félicite la gagnante et concède la victoire, même s'il estime que son candidat a mené une excellente campagne.

« Je l'ai accompagné du mieux que je pouvais et d'aucune façon je ne me sens rejeté parce qu'on a mis fin à mon règne. J'aurais aimé mieux un résultat autre, mais à partir du moment où l'Abitibi fait partie du Québec, et que nous aussi on a subi une vague extraordinaire en faveur de la CAQ, et bien il y avait une volonté de changement et on verra après. »

- François Gendron

Audrey Folliot, Bell Média. Photo : Suzanne Blais lors de son élection en 2018

L'homme de 73 ans espère que Suzanne Blais sera une députée présente, qui saura bien accompagner ses électeurs et livrer des dossiers.

Le vice-président de l'Assemblée nationale en a encore pour quelques semaines en poste, tant que le nouveau représentant de l'opposition officielle ne sera pas élu.

Puis il compte bien prendre un peu de repos avant d'évaluer diverses options d'implication pour la suite.

Son fils lui a bien passé le message qu'il pouvait se le permettre!

« J'ai trouvé ça drôle. Il m'a dit papa, moi j'avais cinq ans quand tu as été élu et c'est le premier jour que mon père n'est pas député et j'ai 47 ans. Ça m'a sonné! Je me disais que ça ne se pouvait quasiment pas que j'aie fait tout ce temps-là! »

- François Gendron

Le Parti québécois défait

En plus de perdre le château fort péquiste qu'était l'Abitibi-Ouest depuis 1976, le Parti québécois a perdu son statut de parti reconnu à l'Assemblée nationale après le raz-de-marée caquiste d'hier soir.

Il n'a fait élire que 9 députés avec 17% des suffrages. C'est le pire score de son histoire.

Jean-François Lisée a démissionné après avoir été vaincu dans Rosemont face à Vincent Marissal de Québec solidaire.

Déçu, François Gendron a tout de même confiance que son parti saura se relever.

« Ça fait mal, mais j'ai déjà connu ça. En 1976, ils ne nous voyaient pas au pouvoir [le Parti québécois] avec autant d'envergure, et moi, je me rappelle, on était 71 [députés élus]. Aujourd'hui, c'est la CAQ qui vit ça. Il y avait une volonté, par contre, aussi forte que j'entendais partout [en 1976], on veut changer, on veut changer. »

- François Gendron

Il estime que son parti aurait connu un meilleur sort si sa plateforme avait été davantage décortiquée pendant la campagne.

« Le coeur va rester. Le Parti québécois est un grand parti, et il avait une plateforme extraordinaire qui aurait dû plaire aux Québécois, mais on n'en a pas parlé. On parlait toujours de Couillard, de Lisée, de Legault et de Manon, » conclut-il.