Des résidences privées pour aînés à risque de fermeture en région

Le Regroupement québécois résidences pour aînés (RQRA) rencontre ses membres en Abitibi-Témiscamingue.

Les résidences privées pour aînés sont pleines à capacité en Abitibi-Témiscamingue et il faudra assurément en construire de nouvelles pour répondre aux besoins des prochaines années.

 

La pénurie de main-d'oeuvre et les coûts de mise aux normes mettent aussi beaucoup de pression sur les endroits existants et plusieurs sont à risque de fermeture.

C'est le constat du Regroupement québécois des résidences pour aînés (RQRA), en tournée en Abitibi-Témiscamingue. Une douzaine de gestionnaires membres ont assisté à des formations et partagé leurs préoccupations, mardi, à Rouyn-Noranda.

Avec la pénurie de main-d'oeuvre, les gestionnaires peinent à appliquer les seuils de surveillance requis.

Par ailleurs, dans les cinq dernières années, 16 résidences ont dû fermer leurs portes dans la région et une vingtaine de petites sont à risque de fermeture.

Certains aînés veulent vivre dans ces résidences, mais n'ont pas les moyens, explique la directrice générale adjointe du RQRA, Chantal St-Onge. Elle propose une solution.

« Actuellement, les aînés de 70 ans et plus ont un crédit, et nous ce qu'on dit, c'est de le moduler différemment, donc oui, de l'augmenter financièrement, mais aussi qu'il soit en lien avec les besoins des aînés, pour qu'ils puissent recevoir les services [auxquels] ils auraient droit, et ça, ça permettrait aux petites résidences de pouvoir continuer. »

- Chantal St-Onge, directrice générale adjointe RQRA

La directrice générale adjointe du RQRA, Chantal St-Onge.

Audrey Folliot, Bell Média. La directrice générale adjointe du RQRA, Chantal St-Onge, en tournée à Rouyn-Noranda.

Mise aux normes difficile

Les propriétaires n'ont rien contre l'installation de gicleurs, de systèmes d'alarme et de murs coupe-feu afin d'améliorer la sécurité des bâtiments.

L'objectif est d'éviter d'autres tragédies comme l'incendie de L'Isle-Verte ou le décès de la mère de Gilles Duceppe, qui s'est retrouvée embarrée à l'extérieur en pleine nuit. Toutefois, la mise aux normes des résidences est couteuse pour les propriétaires

D'ici à 2020, toutes les résidences devront être équipées de gicleurs. Le gouvernement a réservé 138 M$ pour aider les résidences, mais les plus petites ne sont pas admissibles, ce qui doit changer.

« Sur une cinquantaine de résidences privées, il n'y a seulement que 18 résidences qui sont giclées pour l'Abitibi-Témiscamingue. Je rappelle toujours que l'échéance est en décembre 2020, mais ça va venir très vite et nous, on est inquiets de voir cette échéance-là arriver. »

- Chantal St-Onge

Le taux d'occupation actuel des résidences est de 95 % en province, et de plus en plus d'aînés en bas de 70 ans choisissent ces résidences.

On dénombre 30 000 nouveaux aînés par année, ce qui, selon le Regroupement, nécessiterait la construction de 5 000 nouvelles unités annuellement. La région compte actuellement 48 résidences privées pour aînés, dont 20 de moins de 50 unités.