En prison cinq ans après les événements

Denis St-Pierre ira finalement en prison, presque cinq ans jour pour jour après avoir écrasé à mort son ami Claude-Olivier Tanguay, à Rouyn-Noranda.

L'homme de 45 ans écope de trois ans et demi derrière les barreaux et d'une interdiction de conduire de cinq ans.

Il avait été reconnu coupable, en avril dernier, de conduite avec les facultés affaiblies et de délit de fuite causant la mort, ainsi que de possession de cocaïne.

Le juge Marc E. Grimard a noté comme facteurs aggravants l'absence de remords et l'insouciance de l'accusé.

Ce dernier a aussi présenter des versions différentes et invraisemblables des événements, avant et pendant le procès.

La procureure de la Couronne, Me Véronic Picard, est satisfaite. Elle demandait 4 ans.

« On espère que la sentence qui a été rendue va dissuader les gens de conduire avec les facultés affaiblies. Ç'a été difficile pour la famille du début à la fin. On espère que la sentence va les aider dans leur cheminement, à passer à travers. »

Qu'il soit père de deux enfants en garde partagée et qu'il ait un emploi stable sont deux facteurs atténuants considérés par le juge.

L'avocat de St-Pierre, Me Claude Bédard, a refusé notre demande d'entrevue. Il demandait 21 mois de prison et trois ans d'interdiction de conduire.

La famille de Claude-Olivier Tanguay n'était pas présente. Ses parents ont toutefois remis une lettre au tribunal, disant se sentir en prison depuis cinq ans.

Après le prononcé de la sentence, escorté par les constables vers le pénitencier, Denis St-Pierre avait un sourire en coin et ne semblait toujours exprimer aucun remords.

Il écrase son ami et s'en va

Le 15 septembre 2012, alors intoxiqué après une soirée entre amis, St-Pierre a écrasé à mort son ami Claude-Olivier Tanguay avant de quitter les lieux.

Les policiers avaient retrouvé la victime de 28 ans inconsciente en bordure du chemin Chiasson.

Des témoins ont raconté avoir entendu des gémissements semblables à ceux d'une vache avant de découvrir le jeune homme, souffrant, mais toujours vivant.

Il est décédé à l'hôpital des suites de ses blessures.

La même nuit, Denis St-Pierre a été arrêté pour conduite avec les facultés affaiblies. Son taux d'alcoolémie était de trois fois la limite permise.

Les deux hommes avaient passé la soirée ensemble à boire avec d'autres amis dans un garage avant de décider d'aller se coucher.

St-Pierre a dit avoir consommé une quinzaine de bières.