« Il faut dénoncer le harcèlement au travail » - Christine Moore

La députée néodémocrate d'Abitibi-Témiscamingue, Christine Moore, encourage toute victime de harcèlement à briser le silence.

C'est le message qu'elle a voulu passer dans la foulée de l'expulsion du caucus du député de la Saskatchewan, Erin Weir.

Christine Moore et ses collègues ont tenté diverses approches pour permettre à Weir de réintégrer le parti.

Il devait reconnaitre ses torts, participer à des médiations avec les femmes qui le désiraient et suivre une formation sur le harcèlement, ce qu'il a refusé de faire.

Une situation qui désole la députée Christine Moore.

« Avec les déclarations, il a montré qu'il ne reconnaissait pas sa responsabilité. C'est dommage. Je crois que c'est beaucoup mieux lorsque les gens essaient de changer et de s'améliorer. Mais à partir du moment où il ne reconnait pas la responsabilité, ce n'est pas possible pour nous de continuer à travailler avec lui. »

Christine Moore a dénoncé

L'enquête indépendante qui visait Erin Weir a été déclenchée suite à un courriel de la députée d'Abitibi-Témiscamingue, en février dernier.

Christine Moore avait informé le caucus des agissements présumés de Weir après que plusieurs femmes, dont des employées, lui aient rapporté avoir été harcelées, notamment de manière sexuelle.

Elle reconnait qu'elle aurait pu le faire autrement, mais qu'elle se devait de dénoncer ces comportements.

« Il faut parler du harcèlement sexuel, c'est possible d'avoir un processus juste avec une enquête exhaustive sur les circonstances. Il faut envoyer le message aux victimes que le harcèlement en milieu de travail n'est pas acceptable et qu'il ne faut pas laisser perdurer ces situations-là. »

La confiance n'est plus

Son chef, Jagmeet Singh, a expulsé Erin Weir en raison des commentaires qu'il a faits, ces derniers jours.

L'enquête indépendante a révélé que les allégations étaient fondées et que le député aurait failli à « lire les signaux non verbaux dans des situations sociales ».

Le député de Régina a contesté ces résultats, et il aurait aussi dévoilé des détails permettant d'identifier la plaignante.

Le chef, Jagmeet Singh, ne voyait pas d'autres solutions.

« Je ne peux pas avoir confiance dans une voie de réhabilitation à cause de ces actions qui montrent que c'est clair qu'il n'accepte pas responsabilité pour ce que l'enquête a trouvé. »

Weir était suspendu de ses fonctions depuis le début de l'enquête.