L'AQCPE met cartes sur table en vue du budget

L'Association québécoise des centres de la petite enfance (AQCPE) exige que les enfants soient remis au coeur des priorités gouvernementales.

De passage en Abitibi-Témiscamingue, l'organisme a étalé ses demandes en vue du dépôt imminent du budget.

L'AQCPE demande l'abolition de la « taxe famille » et un réinvestissement annuel récurrent de 74 M$, soit ce qui a été coupé dans la dernière année.

Cela permettrait l'équité de l'accès aux services et une meilleure qualité, indépendamment du revenu des parents.

Les enfants pourraient donc se développer dans un environnement favorable.

La modulation des tarifs est néfaste, illustre le président-directeur général de l'AQCPE, Louis Sénécal.

« Ça favorise la croissance absolument effrénée des garderies non subventionnées. Les garderies non subventionnées, par les études de qualité qui ont été menées par le gouvernement lui-même en 2014, n'ont que 10% de places de qualité. Les CPE, en comparaison, c'est 45% des places qui sont de qualité. »

La modulation des tarifs rapporte 168 M$ par année au gouvernement. C'est 7% d'un surplus budgétaire de 2,4 milliards dont il pourrait se passer, selon l'Association.

Par ailleurs, il n'y a pas eu de démonstration que cet argent avait bien été réinvesti dans les services à la petite enfance.

Des impacts bien rééls

À cause de la taxe, certains parents ont dû se résigner à avoir un deuxième enfant, se priver d'un 2e revenu pour qu'un parent reste à la maison ou encore choisir un service non subventionné pour profiter des avantages fiscaux.

Par ailleurs, de récentes études citées par l'AQCPE démontrent que 85% du cerveau d'un enfant se développe avant l'âge de 5 ans.

Si rien n'est fait, ce sont les enfants qui en paieront le prix à long terme, ajoute Louis Sénécal.

« Quand l'enfant est pris dans une incapacité à faire quelque chose, au niveau moteur ou au niveau de la socialisation par exemple, l'éducatrice vient dénouer ce petit noeud de développement, et le lendemain, cet enfant-là est à des années lumières d'où il était la veille. Imaginez sur cinq ans comment ça permet à un enfant d'évoluer. Ça, c'est un service éducatif. »

Les CPE écopent

Les coupures ont aussi eu des impacts sur la motivation des éducatrices, des postes ont été supprimés, et on a diminué les services alimentaires.

Certains parents ne vont même plus vers les CPE, ajoute la directrice générale du CPE La Ribambelle de Rouyn-Noranda, Marilyn Aubin.

« On a beaucoup de parents qui nous appellent après la fermeture d'un milieu familial subventionné et qui nous disent qu'ils sont mal pris et qu'ils cherchent une solution. Mais quand on arrive à eux sur la liste d'attente, souvent, ils finissent pas dire qu'ils sont trop serrés et qu'ils n'y arriveront pas. Alors, ils vont vers un service de moindre qualité. »

Si les libéraux ne renversent pas leurs décisions, on estime que le tiers des services de garde subventionnés fermerait.

Le budget 2017-2018 du gouvernement du Québec sera déposé en mars prochain.