L'écriture informatisée, un plus pour la réussite scolaire?

Est-ce que les jeunes réussissent mieux leurs examens de français de secondaire 5 s'ils utilisent un ordinateur ou un outil de correction comme Antidote?

C'est la question qu'a étudiée le professeur de didactique du français à l'UQAT, Pascal Grégoire.

Mandaté par le ministère de l'Éducation, il a comparé la réussite des jeunes à l'épreuve unique de français.

Certains l'ont fait à la main, d'autres à l'ordinateur.

Ceux qui ont pu utiliser Antidote ont fait moins d'erreurs d'orthographe et de grammaire.

Constat surprenant, ils ont fait un peu plus d'erreurs de vocabulaire que ceux qui écrivaient à la main.

Antidote ne leur a pas permis non plus d'améliorer leur syntaxe ou leur ponctuation.

Les enseignants ont un grand rôle à jouer dans l'intégration des technologies, croit le professeur Pascal Grégoire.

« Il faut leur montrer comment tirer parti des logiciels comme Antidote, pour qu'ils en viennent à faire des nouveaux gestes de révision. Les programmes d'étude demandent qu'on fasse une certaine initiation des élèves actuellement à l'écriture numérique. Leur donne-t-on les moyens, aux enseignants? Parce que bien sûr, toutes les écoles ne sont pas pourvues de façon équitable en technologie. »

L'impact des textos et réseaux sociaux

On peut penser que les réseaux sociaux nuisent à la qualité de l'écriture des jeunes aujourd'hui.

C'est une crainte, mais la recherche de Pascal Grégoire indique plutôt qu'ils font la distinction entre les niveaux de langue.

« Il y a certains logiciels qu'on utilise avec les élèves des fois où c'est assez fascinant. Ils peuvent composer un texte dans une fenêtre et chatter entre eux dans une fenêtre parallèle. Généralement, ce qu'on voit, c'est que les élèves écrivent un français très relâché dans la fenêtre de chat, mais par contre, quand ils écrivent le texte dans la fenêtre principale, c'est en français standard et soigné. Il ne faut pas trop s'inquiéter, mais s'il faut toujours demeurer vigilant. »

On ignore pour l'instant si le ministère tiendra compte de cette étude pour les prochains examens de français.