L'Enquête nationale sur les femmes autochtones dépose 231 recommandations

Les commissaires de l'Enquête nationale sur les femmes et les filles autochtones disparues ou assassinées ont rendu leur rapport aujourd'hui (lundi) dans le cadre d'une cérémonie de clôture au Musée canadien de l'histoire, à Gatineau.

Le document de près de 1 200 pages est divisé en deux tomes et présente 231 recommandations ou « appels à la justice » pour que les choses changent. Le mot génocide y est cité 122 fois. Le rapport conclut que les femmes et les filles, particulièrement, en sont victimes. Ce génocide est fondé sur les structures coloniales, la rafle des années 60 et les pensionnats autochtones, croient les commissaires.

Ils recommandent notamment la création d'un tribunal des droits Autochtones et de la personne.

« Nous voulons un système de justice qui nous protège, comme toutes nos soeurs canadiennes et québécoises. Pourquoi les femmes autochtones les plus vulnérables se sentent dénigrées encore en 2019? »

- Michèle Audette, une des commissaires (rapporté par RDI)

Ils veulent aussi un plan d'action sur l'éducation, la santé, l'emploi et la sécurité. La prise en charge d'enfants fondée sur la pauvreté et les préjugés culturels devrait aussi être interdite, selon le rapport.

Rappelons que l'Enquête nationale a été officiellement ouverte en septembre 2016. 24 audiences ont été réalisées à travers le pays pour la rédaction du rapport et les déclarations de près de 750 personnes ont été consignées.

La directrice générale du Centre d'amitié autochtone de Val-d'Or est satisfaite du travail effectué. Édith Cloutier juge que c'est l'aboutissement d'un long chemin notamment pour les familles et que les vérités sont enfin connues.

De nouveaux services de santé sont maintenant offerts au Centre d'amitié autochtone de Val-d'Or. L'organisme travaille toujours à sécuriser le financement gouvernemental pour son projet mieux-être et santé autochtone, Mino Pimatisi8in (Mino Pi-ma-ti-zi-wine), mais fait déjà des efforts d'amélioration.

Audrey Folliot, Bell Média - La directrice générale du Centre d'amitié autochtone de Val-d'Or, Édith Cloutier.

Un rapport pour le Québec

Le Québec a son propre rapport de 180 pages et 21 appels à la justice y sont présentés.

Les commissaires demandent notamment au gouvernement Legault un plan d'action, élaboré avec les autochtones, pour prévenir et éradiquer toutes formes de violences à leur encontre.

Ils demandent aussi la création d'un protecteur des citoyens autochtones et la création d'une cellule de crise pour les disparitions de femmes et de filles autochtones.

Les policiers et les intervenants des services publics devraient être mieux formés, toujours selon les commissaires, pour répondre aux besoins des autochtones, et les corps de police autochtones devraient être mieux financés. La réalité autochtone doit aussi être mieux enseignée dans nos écoles. Le rapport exige aussi la mise en place et le financement de ressources d'aide culturellement adaptées.

Enfin, la création d'une commission d'enquête sur les enfants enlevés aux familles autochtones au Québec est aussi demandée.

Rappelons que le rapport de la Commission d’enquête sur les relations entre les Autochtones et certains services publics au Québec est toujours attendu.

Justin Trudeau s'engage à agir

Justin Trudeau promet que le rapport ne prendra pas la poussière sur une tablette. Le premier ministre jure que des efforts continueront d'être faits pour améliorer le bien-être et la santé des communautés.

Déjà, il s'est engagé à respecter l'une de 231 recommandations, soit de mettre en place un plan national pour mettre fin à la violence faite à ces femmes, en collaboration avec les communautés.

Le premier ministre promet que le rapport sera examiné en profondeur.

« C'est une histoire qui est difficile à imaginer pour la plupart des Canadiens, mais pour beaucoup de gens, c'est une réalité déchirante. [...] Je vous donne ma parole que mon gouvernement va donner suite aux appels à la justice énoncés dans le rapport de l'enquête, en prenant des mesures concrètes, cohérentes, et menées par les peuples autochtones. »

- Justin Trudeau (rapporté par RDI)

Au Québec, François Legault promet de poser des actions rapidement à la suite du rapport, qu'il qualifie de très dur. Le premier ministre indique que chacun des ministères va prendre connaissance du document, notamment celui de la Sécurité publique.

Vous pouvez consulter les rapports complets en ligne sur le site web de l'Enquête nationale.