La chute mortelle de Denis Aubé sur un chantier était évitable

Le décès de Denis Aubé sur un chantier de construction à Rouyn-Noranda, en novembre 2017, aurait pu être évité.

C'est ce que conclut le rapport de la Commission des normes, de l'équité, de la santé et de la sécurité du travail (CNESST), rendu public mardi.

L'électricien de 59 ans était à l'emploi d'Alarme La-Sar inc. Il a chuté d'une échelle alors qu'il installait un système de caméras de surveillance autour d'un bâtiment commercial en rénovation.

Deux autres entrepreneurs, Construction Yvon Rivest et Fern Vézina inc., travaillaient sur le chantier.

Une pelle mécanique qui effectuait des travaux de terrassement au même moment a heurté l'échelle, provoquant la chute de Denis Aubé. Il n'était pas attaché.

L'inspecteur Robert Girard explique les deux causes retenues.

« La première cause, c'est le godet d'une pelle mécanique qui est entré en contact avec une échelle alors qu'il y a un travailleur dans l'échelle. La deuxième cause, c'est qu'il n'y a pas eu de gestion de la coactivité sur le chantier. On avait trois employeurs avec trois équipes différentes, et il n'y a pas eu de coordination des travaux, pas de contremaitre, pas de chef d'orchestre finalement sur le chantier. »

Une simulation de l'accident sur les lieux, réalisée par la CNESST

Accident évitable

Le maitre d'oeuvre du chantier était l'entreprise 9216-4607 Québec inc.

Suite à l'accident, les travaux ont été interdits le temps que l'entreprise s'engage à ce qu'il n'y ait pas de cohabitation sur le chantier.

Ce malheureux événement aurait pu être évité notamment avec une analyse de risques, avoue le directeur santé et sécurité à la CNESST, Ghislain Vallée.

« L'échelle doit toujours être protégée en tout temps contre les chocs et reposer sur une base solide. Lorsqu'est arrivé l'événement, la pelle a frappé l'échelle, donc l'échelle n'était pas protégée contre le coup. L'opérateur a fait deux fois les opérations auparavant, dans lesquelles l'échelle n'était pas présente. Quand on parle de chantier en changement, on a un exemple là. »

La CNESST est d'ailleurs en pleine campagne de prévention des chutes de hauteur.

Constats d'infraction

Alarme La-Sar inc., Fern Vézina inc. et Yvon Rivest ont reçu des constats d'infraction, dont les montants varient en fonction de la nature de l'infraction, allant de 662 $ à 66 183 $ pour une première infraction.

Ils ont 30 jours pour les contester.

Le maitre d'oeuvre n'en a pas reçu, puisqu'il a rempli ses responsabilités au sens de la loi.

Les conclusions de l'enquête de la CNESST seront envoyées à diverses associations de constructeurs et aux établissements de formation offrant le programme d'études Bâtiments et travaux publics à des fins de sensibilisation.