La députée Christine Moore défend son intégrité

La députée néodémocrate d'Abitibi-Témiscamingue, Christine Moore, veut défendre son intégrité suite aux allégations d'inconduite à son endroit.

La semaine dernière, l'ancien militaire Glen Kirkland a allégué qu'elle avait eu un comportement inapproprié à son égard en 2013.

Christine Moore a rencontré les journalistes lundi après-midi pour livrer sa version des faits.

Elle a raconté les circonstances de leur première rencontre.

La jeune mère de famille ne comprend pas pourquoi l'homme a raconté ce qu'elle appelle un tissu de mensonges.

« Moi et Glen, on a été amoureux. Je l'ai aimé... Il était super romantique avec moi, et je peux vous assurer que c'était tout à fait consensuel comme relation. J'en ai pleuré toutes les larmes de mon corps. C'est horrible comment quelqu'un peut être prêt à raconter autant de mensonges, aussi gros que ça, pour honnêtement, je ne sais pas quelle raison. »

Retour sur les événements

M. Kirkland a raconté qu'elle l'aurait invité dans son bureau suite à un témoignage en comité parlementaire, l'aurait incité à boire de l'alcool contre son gré puis qu'ils auraient passé la nuit ensemble à son hôtel.

Plus tard, il allègue aussi qu'elle lui aurait envoyé des textos explicites et lui aurait rendu visite chez lui alors qu'il ne voulait pas.

De son côté, Christine Moore a raconté sa version de cette soirée, et n'a pas nié qu'ils avaient bien eu une relation sexuelle. Elle assure que la relation était consensuelle.

La députée de 34 ans dément l'avoir incité à boire ou l'avoir visité contre son gré, alors qu'il avait lui-même acheté des billets d'avion pour venir la voir à Rouyn-Noranda. Des reçus de ces billets ont été présentéx aux journalistes.

Christine Moore raconte qu'ils seraient vus à quelques reprises à l'été 2013. Ils ont même passé un voyage en amoureux à Kenosee Lake, en Saskatchewan.

Les journalistes ont aussi pu voir des photos de ce voyage les montrant tous les deux, souriants.

Audrey Folliot, Bell Média. Des photos du voyage à Kenosee Lake et de la soirée au bar après le témoignage de M. Kirkland en chambre.

Des moments difficiles

Glen Kirkland vivait un divorce compliqué, et Christine Moore dit avoir mis un terme à la relation en octobre 2013.

Elle ne lui aurait reparlé qu'une fois, en 2014, quand l'ex-militaire lui a partagé sa page comme candidat à l'investiture libérale fédérale dans Brandon-Souris.

La députée avoue vivre des moments très difficiles, alors que la situation a eu des impacts sur tout son entourage.

« Ç'a eu des impacts considérables sur ma famille, sur mes amis, sur ma santé. Ce que j'ai de besoin présentement, c'est de passer du temps avec ma famille, j'ai besoin d'être capable de profiter de ce que je vis avec eux sans pleurer continuellement. »

Christine Moore dit avoir reçu énormément d'appui de ses électeurs depuis le début de cette histoire.

Des procédures judiciaires

Alors qu'elle en veut à monsieur Kirkland pour ses propos, Christine Moore en veut aussi aux journalistes qui ont rapporté l'histoire en premier.

Elle estime que dans le cas d'allégations aussi graves, ils auraient du faire des vérifications plus poussées puisqu'il y avait des inconsistances dans les témoignages.

La députée d'Abitibi-Témiscamingue s'attend maintenant à des excuses de M. Kirkland et de certains chroniqueurs anglophones et envisage des poursuites judiciaires.

« Ils vont tous avoir l'opportunité de se rétracter, de présenter des excuses, mais ils vont aussi devoir répondre devant la cour pour leur faute. Je vais entreprendre les recours appropriés, sans gaité de coeur, mais plutôt parce qu'on ne m'a laissé aucun choix. »

Rappelons qu'elle est suspendue temporairement de ses fonctions au sein du caucus. Elle peut siéger, mais n'est plus sur les comités.

Christine Moore compte toujours participer à l'enquête indépendante que veut mener le chef du NPD, Jagmeet Singh, et juge appropriée sa décision de la suspendre.