La pénurie de préposés en ressources intermédiaires est alarmante

La pénurie de main-d'oeuvre touche tous les secteurs d'activité et les ressources intermédiaires (RI) ne sont pas épargnées.

 

Selon une récente enquête réalisée auprès du tiers des gestionnaires de ces ressources, il manque plus de 70 préposés aux bénéficiaires en Abitibi-Témiscamingue. Cela représente un manque moyen de quatre préposés par résidence, le deuxième taux le plus élevé au Québec.

C'est déjà alarmant et avec le vieillissement de la population, ça ne peut qu'empirer, se désole la directrice de la résidence Signature, à La Sarre, Kary Fiset.

« Il manque de préposés, c'est plus dur sur les préposés en place, donc ça leur donne encore plus le goût de soit se retrouver ou de relocaliser dans d'autres emplois, donc c'est un peu un cercle vicieux. Les gens, tous les jours, ils ont besoin de leurs soins d'hygiène, d'alimentation, peu importe, et on ne peut pas remettre à demain. C'est là où le bât blesse, c'est que c'est les gens qui en souffrent. »

- Kary Fiset

La situation est d'autant plus critique dans les petites RI et dans celles travaillant avec la clientèle plus lourde. Il manque aussi des techniciens en éducation spécialisée, des travailleurs sociaux et autres.

L'Association des ressources intermédiaires d'hébergement du Québec (ARIHQ) a quelques pistes de solutions pour pallier au problème.

Elle suggère notamment de faciliter la formation et l'insertion de personnes souvent exclues du marché du travail, de développer une plateforme pour valoriser le métier et pour répertorier les emplois disponibles et d'intégrer des innovations technologiques.

« Nous, ici, à la résidence, on a mis en place un programme de rémunération supplémentaire pour quand il manque de préposés sur le quart de travail. Il faut essayer d'être inventif. À plus long terme, c'est de voir avec les gouvernements pour des masses salariales qui soient cohérentes. »

- Kary Fiset

À l'échelle de la province, il manque plus de 2 500 préposés aux bénéficiaires dans le réseau des RI.

Certaines données de l'étude pour la province

- Pas moins de 83% des gestionnaires de RI affirment être victimes de la pénurie actuelle.
-  À l'échelle du Québec, le manque à gagner d'employés dans les RI est estimé à environ 2 514 postes.
-  En moyenne, les gestionnaires estiment que 2,68 embauches par RI - notamment des PAB - seraient nécessaires pour combler leurs besoins en personnel.
-  La pression que la pénurie exerce sur la prestation des soins est particulièrement importante dans les régions de Laval, du Bas-Saint-Laurent, de l'Abitibi-Témiscamingue, de la Capitale-Nationale et du Nord-du-Québec; dans les RI offrant des services aux personnes vivant avec un handicap physique, une déficience intellectuelle ou une problématique de toxicomanie; et dans les RI accueillant 15 résidents et moins.
- À l'échelle du réseau des RI, un poste serait à pourvoir pour chaque tranche d'environ 6 résidents.