Le CCNR blâme Jeff Fillion pour ses propos sur les femmes autochtones

L'animateur de Radio-X (CHOI-FM) à Québec, Jeff Fillion, est blâmé par le Conseil canadien des normes de la radiotélévision (CCNR) pour des propos discriminatoires qu'il a tenus envers les femmes autochtones de Val-d'Or.

C'était dans le cadre de deux émissions radio en novembre 2016. Le CCNR a reçu 31 plaintes suite à ces diffusions.

Jeff Fillion revenait sur l'annonce qu'aucune accusation ne serait portée contre les policiers dans le cadre du reportage d'Enquête, qui alléguait des abus à l'endroit de femmes autochtones.

Il raconte alors comment il n'a jamais cru à ces allégations et entreprend de dénigrer le reportage et les potentielles victimes.

Propos dégradants

Selon une conversation qu'il aurait eue avec un policier de Val-d'Or, les agents qui y travaillent sont jeunes et beaux, en couple et n'entretiendraient jamais de relation avec des femmes des Premières nations.

L'animateur les qualifie de « cas problématiques, [...], de filles qui sniffent de la colle, c’est des filles qui sont en boisson comme ça se peut pas [...] Vraiment maganés, déboîtés ».

Il est revenu sur le sujet dans une autre émission une semaine plus tard, suggérant que ces femmes « étaient peut-être belles là, il y a 15 ans là, mais sont tellement maganées par la vie, ils [sic] ont tellement une vie qui est une vie de décadence. […] Il y a toutes sortes d’affaires. Les policiers arrivent là-dedans, c’est le bordel. Les filles sont, ont, euh, l’hépatite, euh, les filles sont, leur donnent des claques dans la face, leur crachent dans la face. »

Après analyse du dossier, le CCNR conclut que les propos de Jeff Fillon ont dépassé les bornes et enfreint des codes de déontologie.

Le comité décideur a décelé dans ses propos des généralisations de tous les autochtones. Il qualifie ses commentaires d'abusifs, indûment discriminatoires, qui stigmatisent et dégradent les femmes autochtones.

Jeff Fillion et CHOI-FM indiquent n'avoir jamais voulu insulter quiconque, mais le CCNR n'a pas cru aux excuses. Comme le radiodiffuseur a bien répondu à la plaignante, il a rempli ses obligations.

Il n'y aura donc pas d'autres conséquences que cette décision publique. Pour la lire en entier, CLIQUEZ ICI.