Le sous-financement en santé fait rager Sol Zanetti

Le porte-parole de Québec solidaire (QS) en matière de santé, Sol Zanetti, termine sa tournée de la région assez préoccupé par les soins et services de santé offerts chez nous.

 

Le député de Jean-Lesage a rencontré divers intervenants en santé et services sociaux entre samedi et aujourd'hui (mardi). Il s'est notamment assis avec les gens de la Piaule, du Centre de prévention du suicide de Val-d'Or, avec des organismes communautaires et des représentants de personnes aînées.

L'homme politique salue des initiatives régionales, comme la récente application RÉSO.cool développée en région pour la prévention du suicide et le site web citoyen temiscamingue.org où les gens peuvent dénoncer ce qui ne va pas en santé.

Toutefois, les ruptures de services fréquentes, les horaires de faction chez les ambulanciers et la difficulté d'avoir accès à des soins en ruralité inquiètent beaucoup Sol Zanetti.

« C'est toutes des choses qui ne demandent pas beaucoup de financement. On pourrait régler des problèmes fondamentaux. En ce moment, il y a un budget qui s'en vient. On estime que les surplus du gouvernement sont à plus de quatre milliards de dollars. Il n'y a aucune raison pour qu'à la sortie de ce budget-là, l'Abitibi et le Témiscamingue n'aient pas tout l'argent public qu'il faut pour assurer les besoins de base. »

- Sol Zanetti

Le député se désole aussi de la dépersonnalisation du lien cadre-employé depuis la centralisation des CISSS. En Abitibi-Témiscamingue, le CISSS compte 89 points de services. Il dénonce aussi le sous-financement des soins à domiciles pour aînés et des organismes communautaires, qui pourtant donnent un service essentiel qui couterait plus cher si offert par l'État.

Des enjeux importants

Après avoir diné mardi avec le président-directeur général du CISSS-AT, Yves Desjardins, Sol Zanetti et Émilise Lessard-Therrien comptent amener les enjeux soulevés à Québec.

La pénurie de main-d'oeuvre est majeure et il faut s'y pencher, croit le député de Jean-Lesage.

« C'est grave, ça entraîne de la découverture, et puis la pénurie est tellement importante que le PDG du CISSS-AT m'a offert une job de préposé aux bénéficiaires, parce qu'il sait que j'ai déjà été préposé! Il m'a dit, on vous engage demain matin! Il y a ça, et aussi, comme le disait Émilise, il faut adapter les lois, les normes et les règles à tous les contextes régionaux au Québec. »

- Sol Zanetti

La députée solidaire de Rouyn-Noranda-Témiscamingue, Émilise Lessard-Therrien, estime qu'une concertation régionale est nécessaire pour l'attraction de nouveaux employés.

Aussi, elle rencontrera la ministre de la Santé, Danielle McCann, la semaine dernière, pour parler d'indemnités de déplacement.

« Il faut savoir que les usagers sont dédommagés à la hauteur de 13 sous le kilomètre quand ils dépassent le 200, 250 kilomètres de déplacement. C'est ridicule. Les fonctionnaires de l'État sont dédommagés à la hauteur de 54 sous à peu près donc il y a toute une réflexion à avoir à ce sujet-là, même les frais de repas, les frais d'hébergement. Quand quelqu'un part de Témiscaming Sud et s'en va se faire faire un plâtre à Amos, son rendez-vous est à 8h le matin, il faut qu'il parte la veille, c'est ça, notre réalité. »

- Émilise Lessard-Therrien

Avec un déficit chronique de 22 M$ au CISSS et un surplus budgétaire provincial anticipé de 4 milliards de dollars, Sol Zanetti estime qu'il n'y a pas de raison pour que ce déficit ne soit pas comblé dans le budget à venir. Il estime que les cadres du CISSS bénéficieraient aussi de plus d'autonomie de gouvernance.