Les préfets veulent contrer l'accumulation de bois dans les écocentres

Les préfets dénoncent l'accumulation du bois dans les écocentres.

La Conférence des préfets de l'Abitibi-Témiscamingue (CPAT) demande au ministre de l'Environnement de trouver une alternative pour contrer l'accumulation de bois dans les écocentres de la région.

 

En raison du peu d'installations de traitement en région, les copeaux de bois doivent être transportés ailleurs, notamment à Gatineau. Le transport longue distance coute très cher et les camions fonctionnent au diesel, ce qui est aussi très polluant. Ce sont donc près de 15 000 tonnes métriques de bois se sont accumulées dans les dernières années.

Il faut prioriser le traitement local, mais il est difficile d'obtenir les certificats d'autorisation, indique le préfet de la MRC d'Abitibi, Sébastien D'Astous.

« Historiquement, on utilisait les Boralex de ce monde ou les bouilloires de Résolu, les centrales thermiques qui étaient locales, mais l'attribution des certifications d'autorisation est rendue de plus en plus complexe pour deux choses. L'émission des gaz, mais aussi la gestion des cendres. Nous, c'est sûr qu'on pense que c'était une solution qui était quand même assez simple. »

- Sébastien D'Astous

Les préfets sont déjà très actifs dans le dossier, alors que des démarches sont en cours avec le Centre technologique des résidus industriels (CTRI). De son côté, la MRC de Témiscamingue tente depuis près de 10 ans d'avoir un incinérateur sur son territoire, sans succès.

Aide financière demandée

La Conférence des préfets demande des solutions à long terme et plus de flexibilité pour contrer l'accumulation du bois. Le ministère pourrait aussi assurer la transition en proposant des programmes d'aide financière aux municipalités.

La présidente de la Conférence des préfets de l'Abitibi-Témiscamingue (CPAT) et préfète de la MRC de Témiscamingue, Claire Bolduc.

« L'aide financière pourrait servir au transport des résidus de bois. Il y en a beaucoup et ça coûte cher. Le calcul a été fait, c'est trois quarts de million pour Val-d'Or simplement pour les résidus d'une année. Mais également, on demande au ministère de la flexibilité et une écoute aux solutions que nous on propose. »

- Claire Bolduc

Le ministère devait déposer en 2014 un plan pour bannir le bois de l'enfouissement et trouver des alternatives, ce qui n'a toujours pas été fait. L'interdiction devait prendre effet il y a cinq ans, puis ç'a avait été remis à 2015 puis 2020.

Les préfets ont écrit au ministère et à Recyc-Québec à ce sujet, mais y ont trouvé peu d'écoute.

Malgré ces problématiques de gestion, le préfet de la MRC d'Abitibi, Sébastien D'Astous encourage les citoyens à continuer d'utiliser les écocentres.

« Même si c'est fardeau présentement, c'est signe que les gens ont adhéré aux écocentres, d'acheminer leurs matières, de les trier, et ça, c'est un effort collectif qu'on fait qu'il faut continuer de faire pour le bien de l'environnement. On ne voudrait surtout pas que ces matériaux-là se ramassent dans des fonds de rang. »

- Sébastien D'Astous