Malgré le soutien des MRC, le transport interurbain en péril

60 ans autobus Maheux

Les MRC de la Vallée-de-l'Or et de Témiscamingue soutiennent financièrement Autobus Maheux pour une seconde année à la hauteur de 20 000 $. Cette somme est triplée par le gouvernement du Québec.

 

Toutefois, Autobus Maheux demeure en difficulté financière alors que toutes les lignes de transport interurbain de la région sont déficitaires. Afin d'assurer l'avenir à long terme de ce moyen de transport, les élus réitèrent leur demande pour un sommet provincial sur le transport collectif régional et interurbain.

La préfète de la MRC de Témiscamingue et président de la Conférence des préfets de l'Abitibi-Témiscamingue, Claire Bolduc, veut des solutions.

« C'est un dixième de 1 % du budget du transport collectif qui atterrit dans les régions périphériques du Québec. C'est ridicule. C'est une question d'occupation et de vitalité des territoires, c'est une question environnementale, c'est une question d'égalité et d'équité sociale, alors le gouvernement doit nous entendre. »

- Claire Bolduc

Pour le président du Groupe Autobus Maheux, Pierre Maheux, la situation est dramatique et nécessite un sommet. Il salue la sensibilité de certaines MRC à la situation et les remercie de l'aide fournie, mais ce n'est pas suffisant.

« Depuis les difficultés des cinq dernières années, la situation s'est un peu améliorée au niveau de l'achalandage grâce à nos investissements dans les plateformes électroniques et les promotions et tout ça, mais ça ne corrige pas l'énorme gouffre financier qu'il y a entre les revenus et les dépenses et les coûts nécessaires pour opérer. »

- Pierre Maheux

La plupart des lignes pourront être maintenues en 2019, comme Val-d'Or-Chibougamau. Pour Rouyn-Noranda - North Bay, ce sera assuré, mais avec un minibus de luxe au lieu d'un autocar. Toutefois, la situation est toujours incertaine pour 2020.

Des solutions?

Pierre Maheux croit, comme les MRC, que c'est le gouvernement provincial qui devrait prendre en charge le manque à gagner. Une contribution de 0,01 $ sur le litre d'essence pour financer le transport serait aussi une idée, et l'entreprise en a plusieurs autres.

Le président du Groupe Autobus Maheux trouve que la pression de maintenir ou non les lignes est intenable.

« Ce n'est pas normal qu'une entreprise privée, on ait ce poids-là de décider si le service est maintenu ou pas. Ce n'est pas notre responsabilité, ce n'est pas à nous de décider ça. C'est à la société, et la société c'est d'abord et avant tout les élus locaux, les élus régionaux, les élus provinciaux, c'est eux qui doivent avoir une solution. »

- Pierre Maheux

Plusieurs autres régions vivent des situations semblables à Autobus Maheux. Une consultation sur le transport collectif serait prévue par Québec à l'automne.