Organismes et syndicats insatisfaits de la hausse du salaire minimum

Le gouvernement Couillard annonce une hausse plus importante qu'à l'habitude du salaire minimum, dès le 1er mai prochain.

Il passera de 10,75 $ à 11,25$ de l'heure.

C'est une hausse de 50 cents, contrairement à l'habituelle hausse de 20 cents.

La ministre du Travail, Dominique Vien, justifie cette hausse par la bonne performance de l'économie québécoise.

« Avec cette annonce, on favorise l'incitation au travail, le respect de la capacité de payer et le maintien de la compétitivité des entreprises, la réduction du taux de roulement de la main d'oeuvre, et finalement, la prévention du décrochage scolaire. »

Sans surprise, les organismes de défense des droits et les syndicats en veulent plus.

Ils estiment que la hausse est encore insuffisante pour aider les employés au salaire minimum à se sortir de la pauvreté.

En Abitibi-Témiscamingue, la FTQ fait partie de ceux qui militent toujours pour un salaire minimum à 15$.

Le conseiller régional, Gilles Chapadeau, illustre la situation.

« Ceux qui vivent dans cette réalité-là, c'est-à-dire plus de 450 000 travailleurs et travailleuses au Québec, une grande majorité d'entre eux sont obligés de recourir à des banques alimentaires. Quand on fait cette campagne-là à 15$ de l'heure, c'est parce que le coût de la vie a augmenté, et même si c'est une hausse plus grande que normalement, ce n'est pas encore suffisant pour couvrir les besoins de base. »

Par ailleurs, les organismes réfutent aussi les arguments à l'effet qu'une hausse à 15$ aurait des effets néfastes sur la profitabilité des entreprises.

Le Nouveau parti démocratique se range derrière eux dans cette lutte, pour les entreprises sous juridiction fédérale.

La députée d'Abitibi-Témiscamingue, Christine Moore, croit plutôt que ça aiderait à prévenir la dévitalisation des milieux.

« Quand on augmente le revenu des personnes qui en ont le moins, et bien elles vont le réinvestir localement. Elles ne vont pas s'en servir pour se payer des vacances dans le sud ou autre, elles vont s'en servir pour pouvoir peut-être aller un peu plus souvent au restaurant, chez la coiffeuse. Elles vont utiliser des services locaux. »

Une hausse similaire sera appliquée l'an prochain, si l'économie québécoise performe aussi bien.

Les employés à pourboire devront se contenter de 25 cents d'augmentation.