Plomb, cadmium et arsenic: étude sur les enfants du quartier Notre-Dame

84 jeunes enfants du quartier Notre-Dame de Rouyn-Noranda pourraient faire l'objet d'une nouvelle étude de biosurveillance dans les prochaines semaines.

La Direction de santé publique de l'Abitibi-Témiscamingue veut mesurer les concentrations de plomb, de cadmium et d'arsenic présents dans le corps des enfants de neuf mois à six ans.

Ils sont les plus vulnérables, puisqu'ils jouent au sol et mettent souvent les mains dans leur bouche.

La dernière étude de biosurveillance effectuée dans le quartier date de 1999. C'est la sixième à cet endroit depuis 1979.

Le seuil de déclaration obligatoire des concentrations sanguines du plomb et du cadmium est récemment passé de 100 microgrammes par litre à 50 microgrammes par litre.

La médecin-conseil en santé publique, Dre Omobola Sobanjo, veut donc savoir l'exposition réelle des enfants à ces métaux aujourd'hui.

« Avec les données qu'on avait eues antérieurement, on est retourné [voir] et c'était moins rassurant. Donc, on veut avoir un portrait réel en considération de toutes les mesures qui ont été mises [en place] depuis les derniers 19 ans. »

- Dre Omobola Sobanjo

Pourquoi ce quartier?

Le quartier Notre-Dame a été ciblé par le passé en raison de sa proximité à des activités industrielles, comme la Fonderie Horne, mais pour plusieurs autres facteurs, comme la présence de puits artésiens et de tuyauterie en plomb. Cette étude s'inscrit dans la continuité de celles faites par le passé.

Audrey Folliot, Bell Média. Les citoyens concernés ont reçu ce feuillet explicatif.

Ces contaminants peuvent avoir des impacts à long terme sur le développement du cerveau des bambins, explique la Dre Omobola Sobanjo..

« Le plomb par exemple, ça peut avoir un effet sur leur comportement ou leurs capacités de réussite scolaire. Pour le cadmium, les effets se produisent plusieurs années plus tard parce que ça s'accumule tranquillement dans le corps s'il y a une exposition chronique. »

- Dre Omobola Sobanjo

La fumée secondaire du tabac et la consommation d'abats de gros gibier sont d'autres sources d'exposition à ces métaux qui ne sont pas propres au quartier.

La Direction de santé publique veut donc faire de la prévention puisque l'exposition peut-être limitée.

Rencontre d'information et suivi

Les familles touchées ont été conviées à une rencontre d'information jeudi soir et plusieurs ont signifié leur intérêt à participer.

Leur participation est volontaire et confidentielle, mais plus de gens participent, meilleurs seront les résultats.

L'agent de recherche en santé environnementale à la Direction de santé publique, Daniel Proulx, explique comment l'étude se déroulera.

« [Ça implique] de venir faire une prise de sang, et il va y avoir un second volet qui va se faire après, qui va consister à faire des échantillonnages de sol chez les gens et de prendre aussi des poussières intérieures dans ces mêmes maisons-là, dans le but d'avoir un portrait complet de la situation environnementale du quartier Notre-Dame. »

- Daniel Proulx

Les ongles des enfants seront aussi prélevés afin d'étudier l'arsenic. Ces résultats seront comparés avec ceux d'un groupe témoin d'une autre ville puisque ça n'a jamais été mesuré avant en région.

Les parents devront aussi répondre à un questionnaire afin de déterminer plus précisément les possibles sources de contamination de leurs enfants.

Les enfants présentant un taux plus élevé feront l'objet d'un suivi serré. Un corridor de services a d'ailleurs été établi avec les pédiatres du Centre intégré de santé et de services sociaux.

Qui peut participer?

Le quartier Notre-Dame est délimité au nord par la rue Portelance, au sud par la rue Tremoy, à l'ouest par le viaduc Murdoch et par le lac Osisko à l'Est.

Audrey Folliot, Bell Média. Le quartier Notre-Dame est visé par l'étude.

Les citoyens désirant participer doivent habiter le quartier depuis au moins six mois. Tous recevront une lettre de marche à suivre dès demain (vendredi) par la poste.

Tous les documents sont aussi disponibles en anglais et du personnel bilingue sera disponible.

Il faut prendre rendez-vous pour les prélèvements les 13 et 14 octobre, et pour les échantillons de sols entre le 16 et le 31 octobre. Pour ce faire, composez le 819 764-4600 ou écrivez un courriel à 08_cisssat_biosurveillance@ssss.gouv.qc.ca.

Les résultats de l'étude devraient être dévoilés à l'hiver 2019. Selon les résultats obtenus, la Direction de santé publique mettra en place un plan d'action afin de diminuer les concentrations de ces métaux dans le corps.

Pour tout savoir sur l'étude de biosurveillance, consultez la section qui lui est réservée sur le site Internet du CISSS-AT.