Plusieurs défis à venir pour les entreprises québécoises

La croissance économique sera lente pour les entreprises québécoises dans les prochaines années.

C'est le constat du président-directeur général de la Fédération des chambres de commerce du Québec, Stéphane Forget, qui est passé chez nous cette semaine.

La province est encore loin d'un taux de croissance de 3 à 5%, selon lui.

Les défis seront donc nombreux, notamment au niveau de la main d'oeuvre en raison du vieillissement de la population.

Le virage numérique doit aussi s'accélérer, alors que trop peu d'entreprises font du commerce en ligne.

Les politiques protectionnistes de l'administration Trump aux États-Unis pourraient aussi avoir des impacts majeurs, croit Stéphane Forget.

« L'essentiel de nos exportations vers les pays étrangers va vers les États-Unis. Deux inquiétudes, l'entente de libre-échange, je ne pense pas qu'on doit s'inquiéter du fait qu'elle pourrait disparaître, mais elle pourrait être renégociée et il faut que ce soit fait à l'avantage des entreprises d'ici. Deuxièmement, une réforme fiscale importante se prépare aux États-Unis pour les entreprises, ce qui risque de rendre nos entreprises d'ici moins compétitives. »

Trente États américains sur 50 ont le Canada comme principal partenaire commercial.

Stéphane Forget espère que les budgets provincial et fédéral, déposés la semaine prochaine, adresseront ces inquiétudes et aideront à la productivité des entreprises.

Il faut s'appuyer sur les entreprises privées pour aider les finances publiques, ajoute-t-il.

« Les vrais créateurs de richesse, les vrais créateurs d'emplois, ceux qui contribuent le plus au développement de l'économie au Québec, ce sont les entreprises, donc il faut les appuyer, il faut les aider à croitre, les aider à se développer si on veut avoir la capacité de se payer les services dont on veut au Québec. »

Miser sur les investissements privés

Heureusement, les investissements privés en Abitibi-Témiscamingue sont en hausse de 25%, probablement en raison des entreprises minières, alors qu'ils sont en baisse ailleurs.

L'innovation et l'augmentation de la productivité sont des solutions à la compétitivité des entreprises locales.

Mais pour ce faire, tout comme le PDG, le président de l'UPA secteur Abitibi et producteur de lait, Normand Lemieux, s'attend à des mesures gouvernementales facilitantes pour les entreprises, notamment les plus petites.

« On parle d'éloignement des marchés qui fait qu'au niveau de l'innovation, c'est plus difficile. On n'a pas la masse critique pour avoir toutes les nouveautés, comme ceux qui investissent dans les robots pour la traite, souvent ici ils le font à leurs risques. Il y a beaucoup de points comme ça, comme le transfert d'entreprises, qui est un problème ici aussi en agriculture et en région. »