Procès Bresaw: du jamais vu en carrière pour Marc Lemay

L'avocat criminaliste Marc Lemay n'a jamais vu de rebondissement comme celui qui est survenu cette semaine au procès pour meurtres de Justin John Bresaw, à Amos.

 

Le juge Étienne Parent délibère aujourd'hui (jeudi) sur la culpabilité de l'homme de 42 ans, après que son avocate ait obtenu la permission d'avoir recours à l'arrêt Swain. Cette décision de la Cour Suprême indique qu'un avocat peut attendre le verdict du juge avant d'annoncer sa défense de non-responsabilité criminelle pour cause de troubles mentaux.

Les procès pour meurtres se déroulent habituellement devant juge et jury, mais pas dans ce cas-ci, où le juge doit décider des faits et du droit et rendre une décision.

Me Marc Lemay pratique depuis plusieurs dizaines d'années et n'avait jamais vu l'arrêt Swain être utilisé durant sa carrière dans la région.

« Tu as le droit, toi, la Défense, de dire, je vais réfléchir, je vais voir ce que je vais faire, mais faites votre preuve. C'est ça que l'arrêt dit. Faites votre preuve. S'il y en a suffisamment, je déciderai, mais s'il n'y en a pas assez, regardez, il sera acquitté. S'il est acquitté, il est remis en liberté, il sort, c'est fini. »

- Me Marc Lemay

Respect des ordonnances

Par ailleurs, Marc Lemay s'est aussi prononcé sur le fait qu'une photo de la fillette de Granby exposée dans son cercueil a beaucoup circulé sur les réseaux sociaux hier (mercredi).

Un homme de Cowansville a partagé cette photo, alors que le salon funéraire ouvrait ses portes aux gens qui voulaient rendre un dernier hommage à l'enfant. La photo a été partagée plus de 500 fois. 

L'internaute pourrait faire face à la justice. En plus de ne pas avoir le droit d'identifier la jeune fille, il est interdit de photographier quiconque dans un cercueil.

L'avocat criminaliste Marc Lemay en veut aux médias sociaux de permettre ce genre de partage. Me Lemay explique qu'il faut respecter les ordonnances de non-publication.

« Tant que le juge n'a pas levé l'ordonnance de non-publication, elle est en vigueur et donc, les personnes qui ont fait ça, elles pourraient être accusées de méfait public, c'est-à-dire d'entrave à la justice. J'invite ceux qui auraient tendance à partager ce qu'ils ont reçu à peser sur le bouton delete. »

- Me Marc Lemay

Me Lemay ajoute que les ordonnances de non-publication sont rendues pour protéger les victimes et leur famille, ainsi que toute autre personne qui pourrait avoir le même nom que les accusés. Elle ne s'applique pas qu'aux journalistes, mais bien à toute la population.

La police de Granby a transmis le dossier au Directeur des poursuites criminelles et pénales, selon la Tribune.

Les funérailles de la fillette, décédée la semaine dernière, sont célébrées aujourd'hui.