Québec doit mettre fin aux horaires de faction, clament les paramédics

Les ambulanciers pressent le gouvernement de mettre fin aux horaires de faction à Amos, Malartic et Ville-Marie, et vite. Québec s'était engagé à transformer les six en horaires à l'heure il y a deux ans, et malgré l'atteinte des critères requis, rien n'a bougé.

 

C'est ce que déplore une fois de plus le Syndicat des paramédics de l'Abitibi-Témiscamingue et du Nord-du-Québec, affilié à la CSN.

Le nombre d'appels annuels reçu à Amos, Malartic et Ville-Marie justifie la transformation.

Avec un horaire de faction, l'ambulancier attend les appels à la maison au lieu de les attendre à la caserne. Ça occasionne des délais monstres et nuit à la qualité des services, martèle le président du Syndicat, Félix-Antoine Lafleur.

« Souvent, les taux de réponse sont rallongés de 7 à 15 minutes de plus que sur un horaire à l'heure. En ce moment, je vous donne un exemple, pour le même appel à la même distance de la caserne, un citoyen de Rouyn-Noranda va recevoir un service de 7 à 15 minutes plus rapide que celui d'Amos. Est-ce que l'appel est plus urgent? Je pense que poser la question, c'est y répondre. »

- Félix-Antoine Lafleur, président du Syndicat des paramédics de l'Abitibi-Témiscamingue et du Nord-du-Québec

Le président du Syndicat des paramédics de l'Abitibi-Témiscamingue et du Nord-du-Québec et président du Conseil central de l'Abitibi-Témiscamingue et du Nord-du-Québec, Félix-Antoine Lafleur.

Audrey Folliot, Bell Média. Le président du Syndicat des paramédics de l'Abitibi-Témiscamingue et du Nord-du-Québec et président du Conseil central de l'Abitibi-Témiscamingue et du Nord-du-Québec, Félix-Antoine Lafleur.

Transformer ces horaires équivaut à doubler le nombre de postes. Il faudrait donc une vingtaine de paramédics de plus.

C'est peut-être couteux, mais il en va de la qualité des services et aussi de la santé des paramédics, ajoute Félix-Antoine Lafleur. Être toujours sur le qui-vive induit un stress, et travailler 16 heures par jour, c'est fatiguant, indique-t-il.

« Parfois, on a l'impression qu'on aurait pu en faire plus et cette charge-là vient sur nous. On voit une augmentation des syndromes de stress post-traumatique, on voit une augmentation des arrêts de travail parce que, entre autres, les paramédics arrivent trop tard sur les appels. »

- Félix-Antoine Lafleur

Selon le président, les coûts engendrés par une telle transformation sont des investissements à long terme alors qu'on peut sauver des vies et qu'on sait que le temps de réaction à un appel peut faire toute la différence. Il cite en exemple un cas d'AVC. Une intervention plus rapide fera la différence entre la vie ou la mort du patient ou sur la gravité des séquelles qu'il subira.

Lien de confiance brisé

De plus, les horaires de faction ne présentent pas des conditions attrayantes pour le recrutement de nouveaux paramédics ou la rétention de main-d'oeuvre.

Le représentant national du secteur préhospitalier de la Fédération de la santé et des services sociaux (FSSS-CSN), Jean Gagnon, indique que le lien de confiance avec Québec est brisé.

« Il faut savoir qu'on a arrêté notre grève, on a accepté des conventions parce que le ministère s'est engagé. Si le ministère n'était pas engagé, on serait toujours en grève et en conflit. On demande juste qu'ils respectent les engagements qu'ils ont pris et on est incapables d'expliquer pourquoi ils le refusent. Ils ont parlé d'une réforme, ils ont parlé d'élargissement des soins d'attente, ça ne peut pas attendre. »

- Jean Gagnon, représentant national du secteur préhospitalier de la FSSS-CSN

Le représentant national du secteur préhospitalier de la Fédération de la santé et des services sociaux (FSSS-CSN), Jean Gagnon

Audrey Folliot, Bell Média. Le représentant national du secteur préhospitalier de la Fédération de la santé et des services sociaux (FSSS-CSN), Jean Gagnon, n'a plus confiance.

L'ancien PDG du CISSS-AT, Yves Desjardins, avait déjà interpellé le cabinet du ministre de la Santé à ce sujet il y a un an. Le Syndicat compte maintenant interpeller les nouveaux députés dans l'espoir que ça bouge.

Ces demandes se répercutent au niveau national, alors que la plupart des syndicats du secteur préhospitaliers affiliés à la CSN dénoncent la pénurie de paramédics et pressent le ministère de la Santé d'ajouter des postes additionnels.