Tous ensemble pour prévenir le suicide

Il nous arrive à tous de vivre des moments difficiles, mais il est toujours possible de s'en sortir avec l'aide appropriée.

C'est le message à retenir en cette 16e Journée mondiale de la prévention du suicide.

Trois personnes s'enlèvent la vie chaque jour au Québec, et on dénombre 80 tentatives.

Le taux de décès par suicide a stagné dans les dernières années, après avoir connu une baisse de 30 % au début des années 2000.

L'aide est là et le suicide n'est pas une option, martèle la directrice générale du Centre de prévention du suicide de Rouyn-Noranda, Brigitte Laliberté.

« Il y a des gens qui sont là pour aider. Souvent, le suicide est une solution parce que la personne a une absence de solutions, pour elle, c'est comme un choix possible, mais avec de l'aide, il y a toujours moyen d'aller chercher d'autres solutions à nos problèmes. »

- Brigitte Laliberté

Les personnes autistes plus à risque

La professeure en psychoéducation à l'UQAT, Marie-Hélène Poulin, s'inquiète du haut taux de mortalité par suicide des personnes atteintes du trouble du spectre de l'autisme (TSA).

Selon le plus récent rapport de l'Institut national de santé publique du Québec, entre 1996 et 2011, 10 personnes de moins de 24 ans ayant un TSA se sont enlevé la vie sur un total de 75 décès, contre 1 557 sur 10 084 décès pour les gens n'ayant pas de TSA. 

10 décès, ça semble bien peu, mais ça demeure un taux deux fois plus élevé chez les autistes de moins de 24 ans (9,9) que chez la population générale sans TSA (4,1).

La professeure Marie-Hélène Poulin offre une explication de ces données.

« Présentement, on se rend compte que les signes avant-coureurs par rapport à des idéations suicidaires sont beaucoup moins présents, pour ne pas dire presque pas présents, chez une personne autiste. Donc quand elle donne des signes de détresse, elle est souvent très, très, très avancée dans sa dépression et ses idéations suicidaires. »

- Marie-Hélène Poulin

La professeure en psychoéducation assure que des chercheurs travaillent à adapter les techniques de prévention et de détection de ces signes aux personnes autistes.

Les personnes ayant un TSA un souvent un autre problème de santé mentale, ce qui n'aide pas à leurs idéations suicidaires, selon Marie-Hélène Poulin.

Il est toutefois possible d'intervenir auprès des personnes autistes atteintes de dépression et de prévenir le suicide, d'où l'importance d'adapter les techniques d'intervention et de détection.

#UneChandellePourLaCause

L'Association québécoise de prévention du suicide (AQPS) réclame aux candidats électoraux une stratégie nationale de prévention du suicide et la bonification de plusieurs services d'aide.

Les centres de prévention du suicide sont présents partout en province et peuvent vous aider. Ils font des interventions face à face avec les gens ayant des idéations suicidaires, les endeuillés ou l'entourage, ainsi que beaucoup de sensibilisation.

En mémoire d'un être cher, en soutien aux endeuillés par suicide ou pour montrer votre appui aux efforts de prévention, vous êtes invités à allumer une chandelle à 20h ce soir.

Si vous avez besoin d'aide, en tout temps, faites le 1 866 APPELLE.