Trois blessés à Westwood en 2017: un coup de terrain en cause

La minière Iamgold n'est pas à blâmer dans l'accident ayant blessé trois travailleurs à la mine Westwood de Preissac, en septembre 2017.

C'est ce que conclut la Commission des normes, de l'équité, de la santé et de la sécurité du travail (CNESST).

Le rapport d'enquête dévoilé aujourd'hui (jeudi) indique que c'est un violent coup de terrain qui a projeté 250 tonnes de roches sur le mineur et ses deux superviseurs.

Ils se trouvaient alors dans une galerie de la mine et s'affairaient à laver et purger les parois à l'aide d'une foreuse à flèche.

Les travailleurs étaient dans une zone à risque en raison de la nature des roches et de la présence d'une faille.

Audrey Folliot, Bell Média. L'inspecteur Mario St-Pierre présente un plan du lieu de l'accident

Il était donc dangereux d'y prévoir des travaux pour le contrôle de terrain en raison du danger de projection de roches, reconnait l'inspecteur Mario St-Pierre.

« Avant l'accident, les mesures qui ont été mises en place par l'employeur suite à une analyse de risques qu'il a faite respectaient les normes actuellement dans les mines. On peut voir, après coup, ça n'a pas été suffisant. La violence du coup de terrain était difficilement prévisible. »

Mario St-Pierre

L'énergie contenue dans ce coup de terrain est comparable à celle dégagée par un sautage, durant lequel aucun travailleur n'est sous terre. Ils ont donc évité le pire.

Pas de constat

Au final, la CNESST a conclu qu'il n'y avait pas matière à donner de constat d'infraction.

Une situation similaire est arrivée en juillet 2017 et la mine l'a pris en compte, rappelle le directeur régional santé et sécurité, prévention et inspection, Ghislain Vallée.

« L'employeur a laissé le terrain se reposer durant une période de six semaines, a eu un protocole pour faire les travaux, et ils ne sont pas retournés dans la galerie sans précaution, sans analyse de risques. Ils ont fait un travail pour s'assurer que les travailleurs étaient en sécurité, dont le travail avec la foreuse à flèche. »

Ghislain Vallée

Depuis l'accident, l'accès à la galerie en question est fermé et le sera tant que la minière Iamgold n'aura pas prouvé qu'elle peut y travailler de façon sécuritaire.

Afin de réduire l'exposition des travailleurs aux risques, l'utilisation d'équipements mécanisés, d'une cage, d'une cabine ou d'un écran de protection sont des méthodes à prioriser.

Le rapport d'enquête sera transmis à l'Association minière du Québec, notamment, et diffusé dans les établissements offrant le programme d'étude Extraction de minerai, par prévention.

Toutes les mines souterraines du Québec sont visitées une fois par mois par un inspecteur de la CNESST.

La mine Westwood a un historique d'accidents de travail dans les trois dernières années.