DPJ : l'histoire derrière les chiffres

Un an après avoir subi un blâme sévère de la Commission des droits de la personne et des droits de la jeunesse, la DPJ régionale dévoile son bilan annuel.

Quelques 4 753 signalements ont été faits, une baisse de 2,4 % par rapport à l'année précédente. Cependant, 161 cas de plus ont été retenus, portant le nombre à 1 850.

La directrice de la protection de la jeunesse, Caroline Gaudreault a tenu à rendre hommage à ses employés, précisant qu'ils seront 25 de plus à compter de cette semaine.

Rappelons que l'automne dernier, la Commission émettait 23 recommandations et indiquait que "des manquements majeurs compromettaient le respect des droits des enfants".

La directrice indique que les pratiques ont été harmonisées depuis et que les employés ont reçu de la formation, qui sera donnée à travers tout le Québec.

Liste d'attente

Ce sont tout de même 37 jeunes qui sont présentement sur la liste d'attente pour intervention dans un délai de 15 jours. Ils étaient environ 100 au printemps dernier.

La réviseure Valérie Pilote, avoue que les cas s'alourdissent et que les intervenants manquent de ressources.

 

C'est pas juste une question de nombre d'intervenants. C'est au niveau de tout le système, c'est complexe. On manque de moyens. On manque de familles d'accueil. Les enfants sont ballotés d'un milieu à l'autre et les intervenants sont impuissants.

 

La belle histoire derrière les chiffres

 

Clément fait partie des jeunes accompagnés par la DPJ en 2017-2018. Le jeune homme, aujourd'hui âgé de 18 ans, a appelé lui-même au centre jeunesse l'hiver dernier.

Il raconte qu'il vivait entre les maisons de son père et de sa mère dans le haut du Lac-Saint-Jean et fréquentait des amis avec qui il consommait beaucoup trop, de son propre aveu.

 

Je me suis regardé dans un miroir, pis j'étais rendu maigre. Crime, je me levais le matin pis il fallait que je consomme, c'était pas normal. 

 

Il voulait avoir une meilleure vie que ça, il a alors pris le téléphone pour appeler la DPJ.

Ensuite, tout est allé vite. Son père est venu le porter au centre, où il a passé trois mois.

Il a réappris à participer à la vie collective, à respecter les autres et aujourd'hui il a son appartement et son travail.

 

Avant de rentrer icitte, je souriais pu, je consommais. Je me suis reconnu dans le premier mois ici comme au primaire. Je parlais, je souriais. Dans le fond je me suis perdu au secondaire. Ici j'ai reconnu l'ancien Clément et j'ai aimé ça.

 

Clément nous a raconté cette partie de sa vie en compagnie de son intervenante Danie Gauthier. La femme qui a déjà fréquenté le centre jeunesse lorsqu'elle était à l'adolescence a l'impression de donner au suivant maintenant.