Québec ne doit pas financer GNL Québec et Gazoduq

Trois groupes environnementaux demandent à Québec de ne pas financer le projet de gazoduc devant passer au Saguenay et en Abitibi-Témiscamingue.

 

L'entreprise GNL Québec a entrepris des démarches de lobbying pour obtenir un soutien financier pour son projet Énergie Saguenay, selon Le Devoir, projet auquel est intimement lié Gazoduq.

La Coalition Fjord, l'Action boréale et le collectif abitibien Gazoduq, parlons-en s'insurgent que nos taxes servent éventuellement à payer un projet américain de gaz fossile albertain.

Selon eux, les entreprises GNL Québec et Gazoduq ne servent qu'à détourner l'attention des vrais propriétaires du projet, les multinationales américaines Breyer Capital et Freestone International, et Québec ne doit pas payer.

« On n'est même pas au courant si, sur le point de vue environnemental, ces projets-là sont acceptables suite aux évaluations de l'État. Pourquoi, à ce stade-ci, les contribuables paieraient, subventionneraient l'industrie fossile, qu'on sait largement polluante? »

Rodrigue Turgeon, cofondateur du collectif abitibien Gazoduq, parlons-en

Il dénonce le fait que Gazoduq n'a jamais demandé publiquement aux citoyens concernés s'ils voulaient du pipeline.

Investir ailleurs

Selon les trois groupes, le Québec n'aura pas son mot à dire dans les décisions à prendre, si le projet va de l'avant.

Ils demandent au gouvernement d'investir ailleurs, notamment pour aider les municipalités à lutter contre les changements climatiques plutôt que dans un projet gazier de cette envergure.

« Si le gouvernement trouve les fonds pour subventionner cette énergie-là, on leur suggère de plutôt injecter ces fonds-là dans des projets d'économie locale structurants, qui vont nous apporter des véritables retombées économiques, parce que de voir passer un tuyau dans ta cour, il n'y a pas grandes retombées économiques pour notre région qu'on peut en espérer. »

- Rodrigue Turgeon, cofondateur du collectif abitibien Gazoduq, parlons-en

De son côté, le ministre de l'Environnement Benoit Charette estime que le projet d’exportation de gaz naturel Énergie Saguenay présente des « mérites »  au niveau économique et environnemental, toujours selon Le Devoir. Il a toutefois ajouté que le processus d'évaluation environnementale se poursuit et qu'il est trop tôt pour parler d'accompagnement financier.

L'entreprise Gazoduq a refusé notre demande d'entrevue sur le sujet.

Par ailleurs, Gazoduq tient, ce soir (mercredi) à Preissac et demain (jeudi) à La Corne, des rencontres d'information à huis clos avec les propriétaires visés par le tracé.

Rodrigue Turgeon encourage les gens qui n'y ont pas été conviés, mais sont intéressés, à s'y présenter.