Akasaba Ouest : le BAPE veut protéger la harde de caribous forestiers de Val-d'Or

Le Bureau d'audiences publiques sur l'environnement conclut que l'ampleur et les impacts du projet Akasaba Ouest d'Agnico Eagle sont moindres que ceux associés à d'autres projets miniers notamment parce que ce projet ne générerait aucun résidu de traitement sur place.

Le BAPE demande cependant à Agnico Eagle de déplacer le tracé du chemin forestier dans une zone qui aurait moins d'impacts pour la survie de la harde de caribous forestiers. 

Le Bureau d'audience aimerait aussi une compensation sous forme d'habitats améliorés sur une surface équivalente à la zone d'influence du projet pour la harde.

De plus, le BAPE estime que le gouvernement doit réaliser une étude de viabilité de la population de caribous forestiers avant d'en arriver à la conclusion que la harde n'a aucune chance de survie dans leur milieu naturel. 

Le Bureau d'audience est réticent à donner son aval au projet, puisque si celui-ci était situé dans un milieu forestier ordinaire, la commission est d'avis qu'il pourrait être autorisé à la condition que le site soit remblayé et renaturalisé, mais le milieu d'insertion du projet se situe dans l'habitat faunique d'une espèce classée vulnérable, plus précisément dans une des zones tampons situées au nord de la Réserve de biodiversité des Caribous‑de-Val-d'Or.

D'autres facteurs, comme le risque environnemental, les besoins d'entretien et de suivi à long terme, l'empreinte territoriale résiduelle, notamment sur le paysage, ainsi que les usages futurs du terrain et les attentes de la communauté, devraient également être pris en compte.

Le BAPE conclut que si la participation d'Agnico Eagle comme partenaire d'EACOM permet de déplacer le tracé de la route autorisée dans une zone de moindre impact pour le caribou forestier, le projet minier améliorerait sensiblement une situation de fait qui risque d'empirer celle, déjà précaire, de la petite harde de Val-d'Or. Si cette condition devait se matérialiser, jumelée à une compensation sous forme d'habitats améliorés sur une surface équivalente à la zone d'influence du projet, la commission d'enquête estime que ces deux mesures justifieraient alors l'autorisation du projet en vue de sa réalisation dans les délais prévus.

Le projet a suscité peu d'inquiétudes chez les occupants des zones résidentielles les plus rapprochées lors des audiences publiques.