Espèce en voie d'extinction, les agents de la faune?

Les chasseurs d'orignal à l'arme à feu prendront d'assaut les forêts de l'Abitibi-Témiscamingue ce week-end, et rares sont ceux qui rencontreront un agent de protection de la faune.

Le Parti québécois dénonce le manque criant d'effectifs qui sévit dans la province.

Le porte-parole en matière de Faune pour l'opposition officielle, Sylvain Roy, illustre.

« Actuellement, les braconniers sont très heureux. Les chasseurs, pêcheurs et villégiateurs du Québec ont confiance aux agents de la faune. Le problème, c'est qu'on ne les voit pas sur le terrain parce qu'on coupe dans les effectifs et dans les budgets. »

Le ministre des Forêts, de la Faune et des Parcs, Luc Blanchette, réfute ces affirmations.

« On vient de réinjecter 25 millions pour l'embauche de 40 équivalents temps complet. On a même un projet pour des agents de protection de la faune autochtones. Les choses vont très bien. »

Le champ libre aux braconniers

De son côté, le directeur aux griefs du Syndicat des agents de protection de la faune, Martin Perreault, indique que les 40 nouveaux agents, c'est sur un budget de cinq ans.

28 agents sont actuellement en formation de perfectionnement, mais ne seront pas sur le terrain avant décembre. De plus, ils ne seront qu'occasionnels ou saisonniers.

Il en faut plus pour dissuader les braconniers, martèle Martin Perreault.

« Avec au moins six agents par bureau, ça peut commencer à être fonctionnel. Il y a des bureaux qu'ils sont 2, 3 et 4. Il ne faut pas oublier que les agents de la faune, oui on peut être appelé à travailler jour, soir et nuit, mais quand il y a des congés hebdomadaires normaux, ça prend d'autres agents pour les remplacer et des fois, ils se retrouvent avec des bureaux où il n'y a pas d'agents. »

Il ajoute que souvent, on dépouille un bureau pour en aider un autre.

Le territoire québécois comptait 374 agents en 2016 contre 426 en 2011.

Le Parti québécois rappelle que 1 200 dossiers d'infractions liés à la faune ont été abandonnés pour des raisons de traduction, ce qui a fait travailler des agents, déjà rares, pour rien.