« La confiance n’est plus là » - Adrienne Jérôme

Les Autochtones ne font plus confiance aux policiers, et le gouvernement est responsable du racisme systémique envers les Premières Nations. 

C’est ce que croit la chef de Lac-Simon, qui a témoigné mercredi lors de la Commission d’enquête. 

Elle a affirmé que le gouvernement provincial avait déclenché la Commission Viens dans l’unique but d’avoir bonne conscience. 

Madame Jérôme mentionne aussi qu’il existe encore un climat de peur des Autochtones envers les autorités. 

«Il y a encore des femmes dans la communauté qui ont peur que rien ne se passe. Moi je ne généralise pas, ce n’est pas tous les policiers qui sont des abuseurs. Les femmes autochtones le disent aussi, il y a des bons policiers au niveau de la SQ». 

La chef de Lac-Simon a aussi raconté que les autochtones sentent une certaine méfiance de la population à leur endroit au moment où ils vont chercher des services, notamment quand ils vont dans les hôpitaux, ou quand les parents ont besoin d’aller chercher de l’aide auprès de la DPJ quand ils éprouvent des problèmes avec leurs enfants.

Adrienne Jérôme.

«Elles ne veulent pas avoir les services sociaux autour, parce qu’elles ont peur de perdre leurs enfants. On a un dialogue à faire avec les autres, mais c’était fermé. Là, depuis que la Commission d’enquête est ouverte, là les autres s’ouvrent. Une fois que la Commission sera terminée, est-ce que ce sera encore comme ça?» 

La chef de Lac-Simon a aussi dressé une longue liste de problèmes rencontrés par la communauté, notamment en lien avec le logement, l’éducation, l’intimidation, les drogues et l’alcool.  

La chef de Kitcisakik témoigne

Capture d'écran

En après-midi, la chef de la communauté de Kitcisakik, Adrienne Anichinapéo, a parlé d’un manque de service offert aux autochtones pour leur permettre de se reprendre en main. 

Elle a fait référence aux événements liés à la diffusion du reportage d’Enquête sur les allégations d’abus des policiers de la SQ sur des femmes autochtones.  

«On ne se cachera pas que cette commission-là, c’est venu de la voie des femmes de chez nous aussi, qui ont dénoncé ce qu’elles vivaient par rapport à ce qui se passe en ville. Ces femmes-là, aujourd’hui, elles sont laissées à eux-mêmes, il n’y a pas nécessairement de services. Le gouvernement a réagi en donnant 6 M$ au Centre d’amitié autochtone de Val-d’Or, mais nous, les communautés, on n’a rien reçu». 

Les audiences reprennent jeudi avec les témoignages de la directrice générale du Centre d’amitié autochtone de Val-d’Or, Édith Cloutier, ainsi que de la directrice générale du Regroupement des centres d’amitié autochtones du Québec, Tanya Sirois.