Lac-Simon fermera son poste de police le 31 mars

La communauté autochtone de Lac-Simon fermera son poste de police le 31 mars prochain.

Le Conseil de bande se dit obligé de prendre cette décision puisque les négociations avec le gouvernement pour obtenir du financement adéquat n'ont pas porté fruit.

Pour les 24 policiers de Lac-Simon qui ont appris ce matin qu'ils allaient perdre leur emploi, c'est un choc.

On est très choqué d'apprendre ça, c'est vraiment inattendu. On est encore plus étonné en raison de toutes les nouvelles embauches qui venaient d'être effectuées, et surtout, on nous avait dit qu'il y en aurait d'autres à venir justement pour combler le départ de la SQ, parce que les policiers se sont retirés complètement de la communauté il y a deux semaines. - la représentante syndicale des policiers de Lac-Simon, Julie Brault

C'est un choc pour tout le monde parce qu'on pensait que ça allait bien. On avait de nouvelles embauches, on tombait à 22 patrouilleurs, et du jour au lendemain on décide qu'on ferme les portes, alors on est sous le choc. On souhaite que ça n’arrive pas, on a tous des familles et des enfants à la maison, alors on souhaite que ça se règle le plus rapidement possible - le policier de Lac-Simon, Mathieu Leduc

Lac-Simon se retrouve actuellement avec un déficit de 635 000 $ pour assurer la sécurité sur sa communauté, et pourrait l'accentuer l'an prochain si rien n'est fait.  Ce que ne peut pas assumer le Conseil de bande. 

C'est donc la Sûreté du Québec qui prendra la relève pour patrouiller dans la communauté. 

 Le gouvernement ne nous laissera pas comme ça. Il va payer la SQ pour venir assurer la sécurité, et va payer ce que la SQ demande. Il va payer 6 M$ par année à la SQ, la communauté demande 2.8 M$ pour l'année. Ce n'est pas vrai qu'on va mettre la sécurité de la communauté en péril, ni nos services policiers. Plus jamais un membre du corps de police ne va mourir en service. - la cheffe du Conseil de bande de Lac-Simon, Adrienne Jérôme 

Mercredi soir, le Conseil de bande a avisé les gouvernements provincial et fédéral de sa décision.

Le Conseil serait prêt à négocier pour maintenir le poste si Québec fait des efforts sincères pour octroyer plus de financement et plus de ressources.

À la suite du décès en service de l'agent Thierry Leroux, en février 2016, la CNESST avait recommandé quatre agents par quart de travail au lieu de deux, mais le budget ne suit pas. 

Les élus de la communauté estiment que leurs besoins en matière de sécurité sont incompris.

Avec les informations d'Audrey Folliot