Les CA des établissements de santé ne décident de rien d'important, selon deux experts

Les conseils d'administration des établissements de santé ne décident de rien d'important, puisque tout est centralisé entre les mains du ministre de la Santé, Gaétan Barrette. 

C'est du moins l'opinion de deux experts, Yvan Allaire et Michel Nadeau, de l'Institut sur la gouvernance (IGOPP).

Les experts croient que les conseils d'administration devraient avoir plus d'autonomie et d'autorité et déplorent que Gaétan Barrette relègue les CA à des rôles secondaires.

Ils mentionnent aussi que le ministère de la Santé devrait plutôt formuler les grandes orientations en santé, et les conseils d'administration devraient pouvoir les adapter en fonction de leur réalité régionale. 

Le président du conseil d'administration du CISSSAT, Claude Morin, ne partage pas l'avis des deux experts : 

« Les membres du conseil d'administration sont des gens très compétents qui proviennent de l'ensemble de l'Abitibi-Témiscamingue et qui n'ont pas peur d'émettre leurs idées, au contraire. Je ne suis pas d'accord avec l'affirmation qu'ils ne décident rien, mais bien sûr, ça peut s'améliorer. Je peux comprendre le ministre, un centre de santé, c'est à multiples facettes, ce n’est pas comme un conseil municipal ou un conseil d'administration dans une mine ». 

Les deux experts avancent aussi que les présidents-directeurs généraux des CISSS relèvent du sous-ministre à la santé plutôt que de leur conseil d'administration respectif et déplorent un vice mortel de gouvernance. 

Claude Morin a voulu défendre le PDG actuel du CISSSAT, Jacques Boissonneault : 

« C'est quelqu'un qui est très transparent et qui a toujours donné l'heure juste que ce soit à ses administrateurs, aux membres du conseil d'administration ou à qui que ce soit en Abitibi-Témiscamingue. Il défendait vraiment les intérêts de services de proximité égaux pour tout le monde, peu importe où tu es situé sur le territoire ».  

Rappelons que l'adoption de la loi 10 par le gouvernement du Québec a fait passer de 182 à 32 le nombre d'établissements dans le réseau de la santé.

Les services sont maintenant regroupés sous des Centres intégrés de santé et de service sociaux, qui possèdent tous un conseil d'administration.