« On veut garder nos policiers, mais le financement doit venir avec » - Paméla Papatie

Le Conseil de bande de Lac-Simon persiste et signe : il fermera son poste de police le 31 mars si les conditions de financement ne s'améliorent pas d'ici là. 

Le Syndicat canadien de la fonction publique, qui représente les policiers de Lac-Simon, demande au gouvernement fédéral d'octroyer 2.8 M$ pour augmenter la présence policière sur le territoire. 

Après la mort en service de l'agent Thierry Leroux, la CNESST avait recommandé qu'il y ait 4 policiers sur chaque quart de travail, au lieu de deux comme c'était le cas au moment des tragiques événements. 

Or, le Conseil de bande ne dispose pas d’assez de fonds pour respecter les demandes de la CNESST. 

La vice-cheffe du Conseil, Paméla Papatie, craint les impacts d'une fermeture de poste. 

« Ma fille a déjà eu une convulsion et je n'ai même pas eu besoin de donner mon nom ni mon adresse, parce que les policiers me connaissaient, donc ils sont arrivés vites, parce qu'on a un service de police de proximité. Les agents font aussi beaucoup de prévention dans les écoles. Il y a 600 enfants en bas de douze ans au Lac-Simon, on a besoin de nos policiers ». 

Une situation difficile à gérer chez les policiers

Pour les policiers, la nouvelle fait mal. C'est 24 patrouilleurs qui se retrouvent avec la possibilité de perdre leur emploi.

D'autant plus que deux jours avant l'annonce de la fermeture du poste, 5 nouveaux agents venaient d'être embauchés, et ils ont dû être décommandés par la suite. 

« Ce n’est pas le fun à vivre pour personne, on a tous des familles à nourrir. Il y a des policiers d'expérience qui travaillaient ailleurs et qui sont venus travailler ici, ils ont quitté leur emploi, ils se sont pris un appartement à Val-d'Or, et un mois après ils se retrouveraient sans emploi. Pour un gestionnaire, tu y penses beaucoup, et pour les policiers ce n'est pas évident ». - le chef de police de Lac-Simon, Martin Thibeault

Le SCFP interpelle le premier ministre Trudeau

Actuellement, 52 % du financement provient du provincial et la balance est assurée par le fédéral. 

C'est donc le Conseil de bande qui doit assumer les déficits résultant des opérations policières. 

« Si j'avais un message à transmettre, je parlerais au premier ministre Trudeau étant donné qu'il a fait sa dernière campagne électorale en faisant beaucoup de promesses pour les autochtones. Il a promis une meilleure vie, une vie plus sécuritaire et plus confortable pour le peuple autochtone au Québec et au Canada. Il doit livrer la marchandise aujourd'hui, il doit trouver une solution ». le président du SCFP au Québec, Denis Bolduc

Les négociations vont bien, croit Luc Blanchette

De son côté, le ministre responsable de la région, Luc Blanchette, affirme que les négociations avec les représentants du conseil de bande sont bien entamées, et qu'il existe une volonté du gouvernement de garder un poste de police à Lac-Simon.

« Ce n’est pas des dossiers qui sont simples, et on est plusieurs autour de la table. Le fédéral est là, le provincial aussi, de même que le Conseil de bande. Il faut travailler ensemble. Ce n'est pas parce que la communauté porte des actions qu'on doit absolument réagir. On est en train de négocier des choses, les négociations vont bien, et oui on espère stabiliser la situation financière de façon à ce qu'il y ait un corps policier sur place ». 

Pour se faire entendre, le Conseil de bande n'exclut pas la possibilité d'effectuer des moyens de pression, notamment en bloquant la route 117. 

Si le poste de police de Lac-Simon devait fermer ses portes le 31 mars, c'est la Sûreté du Québec qui assurerait le service dans la communauté.

Simon Daoust, Bell Média

Martin Thibault - Photo : Simon Daoust, Bell Média

Denis Bolduc - Photo : Simon Daoust, Bell Média

Paméla Papatie - Photo : Simon Daoust, Bell Média